Front Populaire Ivoirien

DÉCLARATION DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN RELATIF AUX DÉGUERPISSEMENTS VIOLENTS ET INHUMAINS 

  1. LES FAITS

Le mardi 8 mai 2018, la Société Ivoirienne de Construction et de Gestion Immobilière (SICOGI), société d’État, a procédé, manu militari, au déguerpissement des habitants de « La Cité Bel Air » de Cocody Danga.

Selon les informations relayées par la presse, les réseaux sociaux et les Organisations Non Gouvernementales (ONG) en charge de la défense des droits de l’homme, qui ont rencontré le Collectif des habitants de ce sous quartier de Cocody, il ressort que :

  • Cette opération de démolition et d’expulsion concerne une centaine de familles occupant soixante dix huit (78) logements, depuis les premières réalisations de la SICOGI, au début des années 1960 ;
  • Aucune mesure de relogement n’aurait été prise avant de procéder à ce déguerpissement ;
  • La SICOGI, en délogeant ces familles aux revenus modestes, viserait la construction sur le site de logements de haut standing ;
  • L’opération, menée dans la violence, en pleine saison des pluies et pendant l’année scolaire, viole les droits élémentaires des habitants de ces logements et jette à la rue des familles entières sans le moindre recours.
  1. L’ANALYSE

Le FPI,toujours aux côtés du peuple :

  • Rappelle que c’est la énième opération violente de déguerpissement des populations aux revenus modestes qui est menée sous le régime Ouattara, depuis son avènement par le coup d’Etat franco-onusien achevé en 2011 ;
  • Rappelle également que la gouvernance Ouattara s’est toujours caractérisée par le viol permanent de la loi et des droits humains, et les gouvernants ne se soucient guère de la moindre sécurité et du minimum de dignité du peuple pour lequel ils sont censés exister ;
  • Relève qu’en l’occurrence, les habitants de « La Cité Bel Air » de Cocody Danga, qui habitent le quartier depuis des décennies, n’ont bénéficié d’aucune mesure d’accompagnement véritable avant leur expulsion ;
  • Note que la SICOGI n’a pas tenu compte du contexte extrêmement difficile et délicat (saison pluvieuse, année scolaire toujours en cours…) pour mener cette opération de déguerpissement dont l’urgence est contestable ;
  • Fait constater que la gouvernance Ouattara a multiplié, depuis son installation, la destruction des petits commerces et des logements pour les faibles revenus, avec l’objectif, semble-t-il, de vendre les espaces à des acquéreurs étrangers, dans la poursuite de l’expropriation des Ivoiriens, menée depuis la guerre électorale, ce qui déshumanise notre pays et déshonore les populations.

 

  • NOTRE POSITION

Au vu de tout ce qui précède, le FPI :

  • Dénonce et condamne la politique antisociale du régime Ouattara, illustrée ici par le déguerpissement violent et barbare des populations de logements qu’elles occupaient en bonne et due forme depuis plus d’un demi-siècle ;
  • Apporte son soutien total aux victimes de cette politique de violence et de déshumanisation ;
  • Demande le relogement immédiat des victimes des déguerpissements abusifs :
  • Félicite la presse écrite et la presse en ligne, de même que les ONG de défense des droits de l’homme pour leur prompte réaction face à ce drame social ;
  • Encourage le collectif des résidents de « La Cité Bel Air » à poursuivre leur combat en vue de rentrer dans leurs droits ;
  • Demande aux organisations des Nations Unies, en charge de l’enfance et des personnes vulnérables, de soutenir ces populations en détresse et de faire respecter par le gouvernement leurs droits élémentaires ;
  • Invite les Ivoiriens de tout bord à se mobiliser pour contraindre le régime liberticide de monsieur Ouattara à abandonner ses pratiques avilissantes.

Fait à Abidjan, le 18 mai 2018

Pour le Front Populaire Ivoirien

Le SGA, porte-parole du Parti

KONE Boubakar