Annulation partielle et tardive de 2 chefs d’inculpation par BENSOUDA : Enjeux psychologiques et factuels pour le 1er octobre…

Ainsi, dame Fatou BENSOUDA a fini par disculper tardivement le ministre Charles BLÉ Goudé de deux crimes liés plus précisément à la marche insurrectionnelle du 17 décembre 2010 sur la RTI, et, au chimérique bombardement aux obus du marché Siaka KONÉ d’Abobo-Gare, présumé fréquenté exclusivement par les Pro-Ouattara.

Une telle évolution des choses serait ordinaire, et ne nécessiterait aucun commentaire particulier, si un certain nombre d’éléments d’appréciation, et surtout, le contexte, ne nous y astreignaient guère.

CONTEXTE :

Suivant un arrêt en date du 9 février 2018, les juges de la CPI offrirent précocement une porte de sortie à dame Fatou BENSOUDA, en lui imposant le point, à mi-parcours, du poids résiduel de l’ensemble de ses chefs d’accusation, ce, après l’audition de ses 82 témoins et une batterie de preuves documentaires, vis-à-vis des deux accusés. Les juges lui suggérèrent même, au cas où elle le jugerait impérieux, d’auto-annuler la totalité ou partie des charges imputées au Président Laurent GBAGBO et à son jeune ministre Charles BLÉ Goudé.

En réponse, dame BENSOUDA produisit précipitamment un mémoire à mi-parcours dans lequel elle fit valoir, au vitriol, n’entendre modifier, d’un iota, l’assiette des crimes imputés aux 2 accusés. Aussi maintint-elle les 5 crimes contre les deux icônes africaines, parce qu’elle se serait convaincue de leur culpabilité.

C’est sur ces entrefaites que les juges autorisèrent, exceptionnellement, la défense à introduire une requête aux fins d’un possible arrêt du procès, en conséquence de la constatation de la vacuité des charges, ce, après l’audition des 82 témoins et de l’économie de la pluie des preuves documentaires de l’Accusation.

Les avocats des deux défenses ayant amplement développé en quoi les charges alléguées par le Procureur ne tiennent pas la route, ils conclurent, en juillet dernier, à l’annulation totale desdites charges, et la libération immédiate et sans condition de leurs deux clients.

Contre toute attente, c’est ce moment que choisit dame Fatou BENSOUDA pour réaliser, après plus de 5ans de détention, que le ministre Charles BLÉ Goudé est étranger à 2 crimes sur 5.

INCIDENCE PSYCHOLOGIQUE ET FACTUELLE D’UN AVEU TARDIF DE BENDOUDA.

En matière de judicature, c’est-à-dire, des techniques d’administration de la justice, le juge subit forcément la pesanteur de plusieurs facteurs dont celle de l’environnement socio-politique, et surtout, du comportement même des parties litigantes.

En l’espèce, il importe d’admettre que tout Procureur, et donc celui de la CPI compris, n’est rien d’autre qu’une partie authentique à l’instance.

Cela précisé, voilà donc un procès qui ne se déroule pas selon une quelconque procédure d’urgence – flagrance par exemple – pour tolérer un tel aveu d’une gigantesque méprise de la part d’un Procureur de la CPI. Nous sommes, bien au contraire, dans un long et lent procès où, à toutes ses étapes, dame Bensouda a soutenu mordicus, tenir le bon bout en présence de deux dangereux meurtriers de la planète, avant de confesser, sur le fil et de façon impromptue, que concernant BLÉ Goudé, elle se rend compte qu’elle s’est lourdement trompée sur deux graves chefs d’accusation.

Au pur plan du droit, en tout cas, procédural, il convient de dire que dame Bensouda n’a péché en rien.

En revanche, le caractère manifestement tardif de cette annulation partielle des charges, ne serait-ce qu’au profit du ministre Charles BLÉ Goudé, ne sera pas sans incidence psychologique sérieuse et factuelle sur l’issue de l’instance à partir du 1er octobre prochain. Il s’agit, en effet, d’un vrai pain béni tant pour la défense que pour les juges, eux-mêmes.

En effet, en regard de cette reconnaissance très tardive de la vacuité des charges principales, l’Accusation offre-là, d’une part, à la défense, un véritable blanc seing pour le 1er octobre prochain, et place indiscutablement, d’autre part, les juges dans un état psychologique dubitatif vis-à-vis de l’entièreté des charges portées par elle.

Car, cette réaction tardive de BENSOUDA incline forcément les juges à douter du sérieux de l’entièreté du dossier de l’Accusation, en tout cas des faits tels que ladite Accusation les a fermement endossés pendant de nombreuses années.

C’est en cela que cette annulation partielle et tardive des charges, par le parquet de la CPI, reste hautement chargée d’une incidence sérieuse sur le cours du procès, à partir du 1er octobre prochain : des charges globalement douteuses.

L’Activateur Tchedjougou OUATTARA