« Le cours du cacao reste chaotique… »

A trois semaines de Pâques, les confiseurs font tout pour attirer les gourmands. D’autant qu’en 2018, les Français, devenus plus sélectifs, ont consommé 333 029 tonnes de chocolat, en recul de 1 %. Les cours de Bourse, eux sont fluctuants, explique Laurence Girard, journaliste au « Monde ».

Chronique. Les papillotes étaient à peine retirées des rayons que lapins, poules ou poissons se pressaient au portillon. Depuis près de deux mois, le bestiaire de Pâques, fondant et croquant, attend le chaland. Même si les fabricants le savent : les clients font leurs emplettes dans la dernière ligne droite. Plus de la moitié des œufs entrent dans les paniers la semaine pascale.

Les confiseurs, eux, sont sur les dents. Ils souhaitent attiser les papilles à l’occasion de ce rendez-vous festif. D’autant qu’en 2018 les Français ont fait la fine bouche. Selon le Syndicat du chocolat, ils en ont avalé 333 029 tonnes. En recul de 1 %. En cinq ans, le marché a fondu de 70 000 tonnes. Le chiffre d’affaires, lui, est passé sous la barre des 3 milliards d’euros, en repli marqué de 8,8 %.

La gourmandise se fait sélective. Les Français plébiscitent les tablettes de chocolat noir ou au lait. Fourrées ou truffées d’amandes ou de noisettes, elles grignotent des parts de marché et pèsent plus d’un tiers des volumes de confiserie cacaotée consommée. Même attirance pour les pâtes à tartiner. « Il y a beaucoup d’innovations. Des acteurs se spécialisent et proposent des produits sans huile de palme ou à base de macarons ou de beurre salé », explique Florence Pradier, secrétaire générale du Syndicat du chocolat.Le géant américain Mondelez qui a lancé Patamilka n’est pas seul à vouloir mettre la pâtée à Nutella. Des PME, alléchées, croisent aussi le fer avec l’italien Ferrero, propriétaire de la fameuse pâte à tartiner.

Des consommateurs plus regardants

Les consommateurs sont, en effet, nombreux à scruter les étiquettes. Certains boycottent l’huile de palme. D’autres s’interrogent sur la part d’ombre des cacaoyers. En Côte d’Ivoire et au Ghana, qui représentent, à eux seuls, 60 % des volumes de cacao produits dans le monde, les forêts reculent sous les coups de boutoir des plantations. Le chocolat se fait sonner les cloches… Soucieuses de donner des gages, les grandes marques de confiserie tentent d’entonner en chœur le chant du cacao durable. Mais les fausses notes fusent encore.