LES CHRONIQUES DE NONRA : FEU DE BROUSSE

Hier j’ai vu le RACI, un mouvement politique proche de Guillaume Soro, rendre visite à Kakou Guikahue qui est le secrétaire exécutif du PDCI. J’avais vu auparavant le même Guikahue avec Assoa Adou qui est lui Vice president du FPI. On peut affirmer sans risque de se tromper qu’il y a une urgence. Pour que le RACI, un mouvement issu de la rébellion et le PDCI et le FPI veuillent se rassembler en faisant fi de notre histoire ressente et douloureuse, c’est qu’il y a vraiment urgence. Cela m’a fait penser à ce qu’il se passe souvent dans la jungle. Les animaux de la jungle vont à la rivière par espèce. Ils peuvent même y aller par affinité. Et chaque espèce animal se rappelle de la rivière uniquement quand elle a soif. Mais le jour où un feu embrase la forêt, les données changent. Les animaux ne font plus attention à leurs propres espèces ni à qui est prédateurs ou victimes. L’urgence de la situation fait que tout le monde court pour se rassembler auprès de la rivière pour échapper à l’incendie criminelle. Qu’est-ce qui fait courir le RACI, ou le PDCI, ou le FPI pour ne citer que ceux là ? Qu’est ce qui les oblige à une plate-forme NON IDÉOLOGIQUE ? Qu’est-ce qui fait que le lion se retrouve auprès de la gazelle à la rivière ? Eh bien c’est parce la brousse est en feu. Nous avons trop longtemps joué avec la vraie réconciliation entre nous ivoiriens. Nous avons tellement joué avec ça, parce que chacun voulait sortir plus gagnant que l’autre, que nous avons TOUS perdu. Vous êtes africains et vous voulez vous réconcilier à l’européenne. Depuis quand la réconciliation en Afrique a besoin d’un gagnant et d’un perdant ? Aujourd’hui le feu de la France à travers son sous préfet dramane brûle tout le monde. Chacun se rend bien compte de l’urgence de la réconciliation. EN ESPÉRANT QU’IL N’EST PAS DÉJÀ TROP TARD POUR SAUVER LA FORÊT IVOIRE, QUE CE RASSEMBLEMENT AIT AU MOINS LA CHANCE DE SAUVER L’IVOIRIEN DE CE FEU DE BROUSSE À DÉFAUT DE SAUVER LE PAYS LUI-MÊME QUI EST PLUS QUE JAMAIS VENDU ET ENDETTÉ.

Par NORA TRAPET DUNORD.