Giga-Meeting de réconciliation et de démonstration de force FPI-PDCI : pari tenu

C’est un signal fort que la coalition des partis politiques de l’opposition, envoyait ce samedi 14 septembre 2019, depuis le palais des sports de Treichville à Abidjan, aux clans du RHDP du parti d’Alassane Ouattara.

Cette manifestation émane de la rencontre entre le président Bédié et le président Gbagbo à Bruxelles. C’est un meeting conjoint organisé par le Pdci et le Fpi avec leurs alliés à savoir les deux plateformes : la plateforme du Fpi qui s’appelle EDS et la plateforme initiée par le président Henri Konan Bédié qui s’appelle la Coalition pour la démocratie, la réconciliation et la paix.

La première démonstration de force des deux grands partis que sont le PDCI, le FPI et de leurs alliés a eu lieu samedi dernier, 14 septembre 2019 au parc des sports de Treichville à Abidjan, avec un but principal affiché : la reconquête du pouvoir en 2020. 

Initialement prévu au stade Champroux de Marcory, mais refusé par les autorités ivoiriennes actuelle pour cause de travaux, c’est finalement le parc des sports de Treichville qui a abrité cet événement majeur dans la vie politique ivoirienne. Evidemment plus petit que le Champroux, chose voulu à dessein par le camp Alassane Ouattara, parce que cet événement majeur, nous le rappelons, placé sur le signe de la réconciliation nationale, n’en demeure pas moins un meeting qui doit aussi servir à mesurer la capacité de mobilisation du duo PDCI-FPI, en vue de la présidentielle de 2020.

Effectivement fort a été de constater que le lieu choisi pour la grande manifestation historique de l’opposition, s’est montré très petit et a refusé du monde. Les militants des différents partis réunies au sein de la Coalition pour la démocratie, la réconciliation et pour la Paix (CDRP) ont effectué massivement le déplacement. Combien sont-ils ces militants ? Difficile de le dire. Il aura, sans aucun doute, beaucoup de spéculation sur le nombre de participants à cette rencontre historique. Néanmoins, pour un coup d’essai, la coalition des parti politiques de l’opposition ont réussi un grand coup.

En effet, plusieurs milliers de militants et sympathisants (plus de 5000 selon nos premières estimations) ont convergé au lieu de rassemblement, comme le prouvent les nombreuses photos et ont répondu nombreux à l’appel de leurs leaders respectifs. Un public composé de militants et de sympathisants, tous acquis à la cause de cette nouvelle union en gestation et à qui les différents responsable politiques de la coalition ont tenu des discours dithyrambiques pendant des heures. Lors du meeting, la teneur des messages des cadres politiques de la coalition tourne autour des points essentiels qui meublent actuellement la scène politique de la cote d’ivoire à savoir : modification de la Commission Électorale Indépendante (CEI), la gratuité des cartes nationales d’identité et les dispositions à prendre pour la prochaine élection présidentielle de 2020.

Les cadres représentant les partis politique de la coalition on fait une rentrée triomphale dans le stade archi-comble du palais des sports de Treichville, sous les acclamations nourris des militants qui scandaient à cœur joie leurs noms.

Plusieurs interventions, accompagnées de prestations artistiques, ont été enregistrées au cours de cette manifestation, pour démontrer l’exaltation et la viabilité de cette coalition naissante.

Pour le Pr Coulibaly Climanlo Jérôme (CDRP) l’un des premiers intervenant au cours de la cérémonie affirme : « Depuis l’arrivée d’ADO, c’est le recul systématique de la démocratie ». Il continue son discours cette fois ci en prenant pour cible la CEI prise en otage par le RHDP : « La CEI actuelle est discréditée et l’opposition mène le combat d’une CEI totalement indépendante. Le conseil constitutionnel ne fait que ce qu’on lui dicte. L’Assemblée nationale a été transformée en une caisse de résonance des volontés du Président de la République. L’administration publique et le corps préfectoral sont contraints d’agir comme des militants du RHDP. La chefferie est caporalisée par le pouvoir qui s’ingère dans la nomination des chefs et leur gestion. Le RHDP se prépare à confisquer le pouvoir. Depuis l’arrivée d’ADO, de nombreux fait démontre le recul systématique de la démocratie. Cela se manifeste par la caporalisation de la vie politique, en l’occurrence la CEI, qui a été vidée de toute sa substance. Il nous revient qu’on prépare actuellement un tripatouillage de la Constitution pour pouvoir éliminer certaines personnes. Cela ne saurait durer. L’opposition ivoirienne a le devoir de mener jusqu’au bout le combat pour une CEI totalement indépendante et des élections libres et transparentes en Côte d’Ivoire. Le régime d’ADO impose les chefs coutumiers dans nos localités. Ce qui constitue une atteinte grave au fondement des us et coutumes. Les médias du service public sont caporalisés. »

Prenant la parole, Odette Lorougnon du FPI estime que l’ensemble des ivoiriens attendais cette coalition depuis fort longtemps : « Les Ivoiriens attendaient ce rassemblement, attendaient ce rapprochement. C’est ce qui voit le jour. C’est un processus que nous entamons pour la réconciliation nationale. Le président Gbagbo et le président Bédié ont décidé que la Côte d’Ivoire irait à la réconciliation pour la paix. Pour que la cohésion sociale puisse être reconstruite, pour que la Côte d’Ivoire se retrouve. Donc nous sommes contents de ce rapprochement, nous sommes contents d’être à ce meeting. Deux grands partis, ce sont les Ivoiriens qui se retrouvent. La Côte d’Ivoire nous appelle et nous les Ivoiriens nous répondons. Nous allons cheminer ensemble et quelque chose va changer. Laurent Gbagbo même va rentrer. »

Quant au Pr George Armand Ouegnin (EDS), il estime que le meeting organisé de manière conjointe est un exploit et à profiter pour dénoncer lui aussi la mainmise de la CEI par le gouvernement en place et qui ne respecte pas les exigences de la CADHP : « Ce grand meeting est un exploit. Parce qu’il ambitionne de redonner confiance au peuple de Côte d’Ivoire. C’est un exploit parce que les deux plus importantes personnalités politiques de Côte d’Ivoire, Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo, très sensibles aux cris de souffrance, ont décidé de surmonter leurs différends pour l’intérêt supérieur de la nation. Si les Ivoiriens ne sont pas réconciliés, nous ne pourrons pas organiser des élections libres, sans conflit comme nous en a malheureusement habitués ce régime liberticide. Pour la CEI, contre le bon sens et l’intérêt de la nation, les tenants du pouvoir vont imposer leur diktat en nous servant une loi qui ne respecte pas les exigences de la CADHP. Malheureusement, certains qui avaient décrié cette loi, ont décidé de faire leur entrer dans la Commission. Soyons en sûr, chers militants, ce stratagème ne passera pas par nous. Nous devons réclamer avec force et conviction la réouverture du dialogue inclusif. Les deux plus grandes forces politiques que sont CDRP et EDS exigent une CEI équitable, et notre position n’est pas négociable. Nous gagnerons ce combat, soyez-en profondément convaincus. Nous devons être vigilants sur le code électoral, le découpage électoral. Nous dénonçons la non-gratuité de la carte nationale d’identité, qui ne tient pas compte de l’extrême pauvreté de la population. Chers militants, faisons-en sorte que Treichville soit le point de départ de la réconciliation entre les deux forces politiques que sont CDRP et ESD, pour la victoire en 2020. ».

S’exprimant au nom des groupes parlementaires de l’opposition, Alain Lobognon révolté contre le régime sur plusieurs points essentiels entre autres la perte du pouvoir par le régime actuel de Ouattara « le RHDP le sait. 2020, c’est le terminus » et de revenir sur la constitution : « La constitution de 1960 a décidé que le Président de la République ne soit pas choisi comme un roi mais qu’il soit élu par le peuple. Le drapeau est la carte nationale d’identité visuelle de la Côte d’Ivoire. Les pères fondateurs de la Côte d’Ivoire ont réglé le problème de la carte nationale d’identité sans payer un centime. En Côte d’Ivoire, les Ivoiriens peinent à avoir une CNI. Les enfants arrivent au CM2 sans extrait de naissance. À l’Assemblée nationale, lorsque la question s’est posée, les députés de l’opposition ont demandé que la CNI soit financée par votre impôt. Et les députés du pouvoir on dit que ce n’était pas inscrit dans le budget. La Côte d’Ivoire vient de battre le record de son propre gouvernement, est-ce que cela est inscrit dans la Constitution que nous devons avoir un gouvernement pléthorique ? Non !  S’il y a de l’argent pour financer les 55 ministres, c’est qu’il y a de l’argent pour financer les CNI.

Nous avons marché pour dénoncer la monopolisation de la RTI. Le piège que vous tend le RHDP c’est de vous dire, la constitution sera modifiée. Mais rassurez-vous, la Constitution ne sera pas modifiée. Cela fait six mois que la liste des députés n’est pas publiée au journal officiel. C’est vous dire qu’ils constituent la majorité. C’est faux. Ils n’ont pas la majorité pour modifier la Constitution. Aucun Ivoirien ne doit boycotter la liste électorale. Nous devons nous tenir prêt pour la liste électorale.

Pour 2020, les députés joueront leur participation, le jour où vous entendrez qu’il y a une loi pour modifier la Constitution. Soyez rassurés, car cette loi ne passera pas. Parce que le RHDP n’a pas la majorité. Le RHDP le sait. 2020, c’est le terminus. Les Ivoiriens ne sont pas les 3 millions de militants dont parle le RHDP. Nous allons infiltrer le RHDP. S’ils vous distribuent de l’argent, prenez-le et bouffez-le ! C’est votre argent. Bientôt les choses sérieuses vont commencer. L’opposition a fini son meeting. Nous n’avons pas distribué d’argent, ni de sac de riz, ni de bidon d’huile. La mobilisation est réussie. Lorsque Soro Guillaume demande la libération de tous les détenus, il parle également de Laurent Gbagbo. Car la Constitution ivoirienne interdit qu’un Ivoirien soit en exil. Il parle également de pardon, comme l’a récemment fait l’ex-Première dame à Séguéla. »

Le chef du Secrétariat exécutif du Pdci-Rda, Maurice Kakou Guikahué, le dernier de la liste à prendre la parole, à traduit toute sa satisfaction pour la mobilisation réussie tout en insistant sur le rapprochement que le Fpi et son parti sont en train d’édifier : « Même si vous n’étiez pas nombreux, le fait que des militants du Pdci et du Fpi fassent ensemble un meeting, c’est historique et c’était déjà gagné. Mais, à ce CV historique, vous avez ajouté la mobilisation. Félicitation », 

Le ministre Guikahué a aussi mis l’accent sur le thème principal du rassemblement du jour, la réconciliation nationale. « Dans ce pays, pour que les choses se passent, il faut qu’il y ait la réconciliation. Tu vas tout construire, mais si les cœurs sont noirs, ça ne peut pas marcher. Nous sommes venus vous dire que les présidents Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo, l’ex-président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, et Charles Blé Goudé ont été pour cette posture identique de réconcilier les Ivoiriens. Cette perspective est l’intérêt de toutes les filles et les fils dans ce pays. Sans stabilité, sans paix, il n’y a pas de développement », a lancé le député de Gagnoa sous-préfecture qui annonce des challenges plus importants encore à venir, en termes de mobilisation de l’opposition. « Ce meeting, c’est un entrainement. C’est un meeting de préparation, d’introduction. On ne vous a pas transporté, il n’y a pas eu de l’eau, du riz, rien (…). A partir d’aujourd’hui, on reste debout. Prochainement, on sera 10 fois plus nombreux. Prochainement, ce sera ‘’Opération inondation du Plateau’’ avec le Stade Félix Houphouët-Boigny’’ » montrant ainsi tout l’intérêt que cela représente pour la Côte d’Ivoire. Ce qui par ailleurs engendre le rapprochement entre les grands leaders de l’opposition qui forment aujourd’hui la CDRP.

 

Propos recueilli par Samantha A Desmond A

Correspondant spécial pour ivoire114