CPI : AFFAIRE LE PROCUREUR CONTRE GBAGBO ET BLE GOUDE – FATOU BENSOUDA CONTRE LA RÉCONCILIATION EN CÔTE D’IVOIRE ?

 La Procureure dénonce une erreur de droit et de procédure mais, ne fait que retarder le « come-back » de Gbagbo et de Charles Blé Goudé

Alors que le délai imparti à l’ex-ministre Gambienne, pour réagir sur la décision d’acquittement des prévenus, qui arrivait à expiration ce lundi 16 septembre 19 à minuit, avons appris d’un communiqué émanant du bureau de la procureure, qu’elle a enfin décidé ce jour, d’interjeter appel de la décision d’acquittement de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé pour tous les chefs d’accusation contre l’humanité commis en 2010 et 2011 au cours des violences postélectorales en Côte d’Ivoire, dans un document de 8 pages transmis aux juges de la Chambre d’appel de la CPI. 

Elle soutient sa requête de maintenir les prévenus par une erreur de droit « L’appel démontrera que la chambre de première instance a commis des erreurs de droit et de procédure qui ont abouti à l’acquittement de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé pour tous les chefs d’accusation » a-t-elle signifiée. La procureure a aussi notifié que la procédure pour donner la décision d’acquittement n’a pas été faite selon les règles « 1er moyen d’appel : la chambre de 1ere instance n’a pas respecté son obligation selon l’article 74 de Statut de Rome de donner une motivation écrite de sa décision. Cette erreur ne peut pas être « réparée » par les écritures publiées au mois de juillet. » a-t-elle fait savoir.

Cette décision ne devrait surprendre, ni les ivoiriens, ni la communauté internationale. Bensouda est toujours resté dans une logique utopique, illogique cherchant toujours à satisfaire les exigences de ses employeurs et de ceux-là même qui, en arrière-plan travaillent dans l’ombre, pour maintenir vaille que vaille les prévenus et cela malgré les preuves boiteuses, claudicantes et contestables synonyme d’un échec évident dans cette procédure. Malgré aussi que le dossier de l’accusation ait été démonté de toute pièces par les deux juges qui fustigeaient le dossier d’une « exceptionnelle faiblesse » et « un récit manichéen et simpliste ».

Une décision contraire de la procureure aurait plutôt étonné. Sinon c’était plus qu’évidant qu’elle fasse appel et cela tout le monde le sait. Par contre, les ivoiriens dans leur ensemble, se sont plutôt planché sur la capacité de la procureure à pouvoir monter le dossier d’appel dans le temps accordé. 

Cette décision, en effet, n’a nullement pas surpris les avocats de la défense. Aussi Maitre Emmanuel Altit n’a pas manqué de le souligner au cours d’un interview accordé au média français TV5 monde « C’était une voie procédurale à la disposition de la Procureure et elle a décidé de la suivre. Oui bien entendu nous nous y attendions. C’était une éventualité que nous avons bien préparée et bien-sûr nous sommes prêts. Je suis en contact permanent avec le Président Laurent Gbagbo et après cette décision il est serein, il est confiant, son innocence a été reconnue, il a été acquitté de toutes les charges retenues contre lui. Son désir est que la justice soit rendue et que la vérité soit reconnue. Et il suit avec sérénité la suite des événements. (…) La Procureure avait cette voie procédurale à sa disposition, elle a pris en compte un certain nombre de facteurs et elle est tout à fait libre de le faire. Maintenant c’est à la défense de répondre dès que la Procureure aura déposé son mémoire. Dans 1 MOIS elle devra déposer la substance de cet appel qui indiquera sa position, les avocats de la défense répondront et les juges d’appel de prononceront. (…)Je suis l’avocat du président LAURENT GBAGBO, nous sommes là pour faire émerger la vérité et pour que l’innocence du Président LAURENT GBAGBO soit reconnue. »

Une nouvelle page vient ainsi d’être encore ouverte au chapitre de la fable judiciaire de laurent Gbagbo et de son ancien ministre de la jeunesse Charles Blé Goudé. 

Est-ce la dernière bataille de l’ex ministre de la justice Gambienne ? 

Bensouda cherche elle à se faire une renommée à travers cette affaire et obtenir peut-être un record Guinness avant de céder son fauteuil de procureur de la CPI. ? Elle pourra se vanter d’être le première procureure à avoir fait condamner Laurent Gbagbo, dont la particularité dans cette procédure est d’être le premier ancien chef d’Etat à avoir été remis directement à la CPI.

Toujours est-il que ce procès, quel que soit l’issue restera dans les annales de la justice internationale.

Cependant, les ivoiriens s’impatiente et dénonce encore et encore une autre machination pour écarter les prévenus surtout, l’ex Président Laurent Gbagbo, à la course aux élections présidentielles de 2020.

pEn effet, La lourdeur de la procédure d’appel, pourrait détruire toutes les chances du Président Laurent Gbagbo. Selon les informations émanant des communicants de la juridiction internationale, après le dépôt de son appel, le Procureur, aura désormais 30 jours pour le dépôt de son mémoire d’appel détaillant les motifs juridiques de son appel. Ce qui fait en tout 90 jours depuis la notification de la décision d’acquittement, le 15 juillet dernier par le président de la Chambre préliminaire I.

D’un autre point de vue, le temps du dépôt des arguments par les parties au procès, les audiences devant la juridiction d’appel, les éventuelles manœuvres pernicieuses ou procédurales laissent présager d’un long procès. La procédure d’appel pourrait détruire toute chance au président du FPI « légitime » de se porter candidat à la présidentielle de 2020.

Seule, la suite de la procédure nous le dira.

Samantha A Desmond Correspondant spécial ivoire114