COTE D’IVOIRE : EXFILTRATION AVORTÉE DES FORCES SPÉCIALES – LA VRAIE VERSION

Echec d’une tentative d’exfiltration au sein de la préfecture de police d’Abidjan à Abobo par des éléments de la force spéciale.

Selon les informations concordantes, relayées par plusieurs médias de la place, dans la matinée du jeudi 19 septembre 2019, un affrontement entre les forces spéciales du président (RHDP) de Ouattara et des éléments de la police nationale à la Préfecture de Police d’Abidjan sise à Abobo a été évité de justesse.

Toutefois, plusieurs versions de cette affaire font échos dans les médias de la place. Ivore114 vous vous fait part, dans cet article, des évènements tangibles qui se sont produits au cours de cette journée, bien que se rapprochant, plus ou moins des faits distiller par les uns et les autres.

Selon nos sources, tout serait parti d’une rafle orchestrée par la police nationale au cours d’une opération lancée depuis un certain temps par le préfet d’Abidjan, à la suite du meurtre du gendarme par un gnambro. (« chargeur » de véhicules woro woro et gbaka dans les gares). 

Il se trouve que, parmi les personnes interpellées au cours de ces rafles, se trouve le frère d’un élément de la force spéciale qui, naturellement informé de la détention de son frère, décide de se rendre à la préfecture de police et de le faire libéré. Malheureusement, l’attitude adopté par ce dernier, une fois au sein de la préfecture de police laisse à désirer. Il s’ensuit une altercation avec les policiers puis avec un haut gradé de la police en fonction. Aux dire de nos sources, ce dernier aurait même eu l’audace de serrer les colles de ce haut gradé (La goutte d’eau qui fait déborder la vase).

Excéder par l’attitude désobligeante de l’élément de la force spéciale, le Haut gradé décide de le mettre en garde à vue. C’est alors que ce dernier appelle du renfort de son téléphone portable, qui apparemment ne lui avait pas été confisqué.

Sans le savoir, sans y être préparé et contre toute attente, les policiers vont être confrontés à une armada d’éléments de la force spéciale qui débarquent au sein de la préfecture de police. Au nombre d’une dizaine pour la majorité, encagoulés, armés jusqu’aux dents, avec des gilets pare-balles, à bord de leur véhicule, ils ont fait une éruption musclée au sein de la Préfecture de Police, ordonnant la libération immédiate de leur collègue en garde à vue.

Face à cette situation délictueuse, arbitraire, et déraisonnable des éléments de la force spéciale, les responsables de la préfecture n’ont trouvé leur salut que grâce à l’appel de renfort de taille qui a permis de maitriser et de désarmer les éléments de la force spéciale. 

Communiqué conjointe armée-police

Dans la même soirée du jeudi, un communiqué conjoint de l’armée et de la police font état de ce qu’une enquête sera menée en vue de situer les responsabilités. Ci-dessous le communiqué ainsi libellé :

« Dans la matinée du 19 septembre 2019, des heurts ont été observés à la préfecture de police d’Abidjan. Ils font suite à l’interpellation d’un soldat en civil au cours d’une opération de rafle générale. Un détachement a été dépêché pour certifier son identité. L’arrivée à la préfecture de police de ce détachement a suscité un malentendu qui a entraîné des échauffourées. Les autorités policières et militaires alertées, se sont immédiatement rendues sur les lieux et le calme est vite revenu. Une enquête est en cours pour situer les responsabilités »

Ce communiqué a été émargé pour le compte de la police ivoirienne, par le Commissaire Divisionnaire-Major Adama Ouattara, DGA, chargé de la police scientifique et pour les Force armées de Côte d’Ivoire, par le Général de Brigade N’Dri Julien Kouamé, Chef d’Etat-Major Général des Armées Adjoint.

A la lecture de ce communiquer fort évasif, mais qui stipule tout de même que cette opération a été suscitée par la hiérarchie de la force spéciale sans toutefois nous dire de quelle hiérarchie il s’agit. La question qu’on se pose aussi, et qui laisse transcender beaucoup d’inquiétudes au sein de la population ; L’armée avait-elle besoin d’une opération de force juste pour identifier un des leurs, alors qu’il aurait été bien séant que les deux hiérarchies prennent contact, ne serais ce qu’au téléphone ou par courrier le cas échéant, pour planifier une visite (permettre d’avoir les noms et grades des éléments devant faire parti de la délégation commis pour la visite) et lever toute ambiguïté.

Un autre fait marquant de ce communiqué, est qu’il ne précise pas non plus si le premier élément qui s’est rendu en premier (comme un éclaireur) au sein de la préfecture de police pour réclamer la libération de son frère a eu aussi l’autorisation de sa hiérarchie avant d’aller semer ce désordre et non l’ordre ?

Était-ce vraiment pour vérifier une identité ou plutôt, une démonstration de force ? On voudrait peut-être montrer aux yeux de la nation ivoirienne la suprématie de ce corps d’élite qui fait tant la fierté des autorités ivoiriennes et du président du RHDP. Cette manière de faire nous laisse sans voix et interpelle plus d’un.

Au vu des évènements qui se sont déroulés, il y a lieu de se poser la question fondamentale sur les aspects liés au recrutement des éléments de ce corps dit d’élite, en particulier le volet disciplinaire, la connaissance et le respect des textes régissant le poste qu’ils occupent et surtout les procédures…

Nous espérons que les autorités de l’armée et de police prendront toutes les mesures nécessaires afin de situer les responsabilités et permettre aux ivoiriens de vaquer à leurs occupations en toute quiétude et d’ôter l’envie à d’autres personnes de reproduire de tels actes à l’avenir.

Samanta A Desmond Correspondant spécial Ivoire114