COTE D’IVOIRE : LUTTE CONTRE LE CORONAVIRUS- UN CAFOUILLAGE ORGANISÉ ?

Il y a de cela deux semaines, jour pour jour, nous publions dans notre colonne des recommandations visant à la réduction drastique de la contamination au Covid-19.

En effet, fort est de constater que nos recommandations ont belles et bien été prise en compte par le gouvernement. Malheureusement, la mise en application de ces recommandations n’a pas été facilité par les riverains qui ont pris d’assauts les sites identifiés par le gouvernement. 

Parmi les communes retenues, celle de Yopougon en fait partie et les espaces réservés pour la circonstance, on note le stade de la BAE et le Complexe sportif Jesse Jackson.

A en croire notre source, les riverains ont envahis les espaces le dimanche dans la soirée en vue d’interdire leur mise en place. Il n’a fallu quelques heures pour voir la destruction des équipements (Bâches, chaises et apparemment des équipements médicaux détruites).

Ces évènements, survenus dans la commune de Yopougon doivent interpeller plus d’un, surtout le gouvernement. Il est vrai, qu’une des initiatives prônées en vue de freiner la propagation du virus COVID-19 doit rester en adéquation avec la réalité du terrain. Peut-être que nous n’avons pas été plus explicite dans nos recommandations, il y va de soi

Une telle initiative devrait faire l’objet d’une communication accrue, très poussée auprès de la population (connaissant bien sur toutes ces appréhensions qui entourent cette pandémie), et non des communications à caractères de campagne que nous voyons nuit et jour à la télévision ivoirienne (RTI). A quoi répond toutes ces aides émanant des membres du gouvernement et même de la première dame, tout en sachant que des fonds colossaux, ont été débloqués à l’initiative de ce même gouvernement et pour but de permettre à la population de se sentir bien, en sureté, en confiance, et d’espérer un lendemain meilleur avec à la fin, un COVID-19 en déclin voir stoppé. 

On veut nous faire croire que les fonds recueillis ne sont pas suffisants et qu’il faille encore emprunter d’avantages ?

Nous sommes encore plus écœurés, et meurtris, quand la RTI nous propose un reportage, au journal de 20h de ce lundi 06 mars 2020, sur l’assistance que nos vaillants « soldat du feu », en plein couvre-feu, apportent à la population et de constater, que toutes les familles visitées, au risque de nous tromper, ne portent même pas de cache-nez, exposant du coup ces soldats du feu et même le corps médical. Comment comprendre que pendant ce temps-là, le gouvernement affirme à tue-tête avoir débloqué des milliards de Francs pour lutter contre cette pandémie. Cela montre une fois de plus, deux choses :

  • La difficulté pour la population de se procurer le strict nécessaire pour s’assurer un minimum de protection (mesure de prévention aussi importante d’hygiène corporelle, comportementale, hydrique et alimentaire),
  • Les actions entreprises par le gouvernement, sont encore et demeurent insuffisantes.

Comment comprendre, qu’une population aussi vulnérable, ne pouvant s’offrir ne serait-ce qu’un « simple » cache-nez, puisse être réceptif à un cadre hospitalier, devant abriter des malades, de surcroit porteur du virus COVID-19 et dont la mise en service, selon la vision de cette population, pourrait accroître le risque de contamination.

Pendant que les autres pays, confectionnent ou commandent des milliers, voire des milliards de cache-nez pour leur population respective et gratuitement, le gouvernement ivoirien ne fait que faire de la propagande sans passer à l’essentiel.

Que peut-on faire ? 

Donnez le minimum vital, le minimum de sécurité, des gestes solidaires et d’envergures, qui montrent la ferme volonté du gouvernement d’aider la population à subvenir aux mesures de prévention d’hygiène corporelle, comportementale, hydrique et alimentaire. Entre autres mesures :

  1. Nous réitérons encore une fois de plus, l’altruisme du gouvernement, quant à la gratuité qui reste l’une des solutions recommandables, pour permettre à un grand nombre de la population de se protéger et de se prémunir de la maladie ou du moins, exercer son droit souverain sur ces produits et procéder à un contrôle systématique des prix voir même les homologuer ou même les subventionner.
  2. Etablir des check points de distribution des cache-nez, et des gels hydroalcooliques. Afin d’éviter tout déplacement massif de la population, il est préférable que ces check points soient 
  • Dans les centres de santé publiques (distribuer à chaque patient au sein de la structure sanitaire d’accueil, des gants, des caches nez et des gels lors du paiement du ticket de consultation à la caisse) s’il y a lieu pour des mesures de contrôles, au vu d’une pièce d’identité,
  • Dans les mairies centrales et annexes,
  • Avec la contribution des Sapeurs-Pompiers, lors des missions sur terrain dans la période du couvre-feu (Permettre aux forces de l’ordre d’effectuer si possible eux même les contrôles d’usages afin de détecter d’éventuels cas de malades lors des missions),
  • Avec l’appui des ONG reconnues par le Ministère de la Santé et de l’hygiène publique, qui vont se charger de la distribution de porte à porte avec toutes les mesures de protections nécessaires.
  1. Sensibiliser la population quant à la nécessité d’installation de pareilles infrastructures dans les espaces identifiés en prenant soins de justifier, d’illustrer et de démontrer une telle action :
  • Un rappel sur les voies de transmission de la maladie est fortement recommandé dans ce cas de figure, (transmission inter-humaine est possible et a été observée sur des petits groupes d’individus, pathologie transmissible aussi par voie aérienne (gouttelettes de salive) et par contact physique direct avec des personnes ou objets contaminés et que le déplacement du malade de son domicile à un lieu de dépistage éloigné est un risque pour toute la population, d’où le risque de contamination très élevé tout au long du trajet (Contact physique, moyens de transport etc..)
  • Que la sécurité au sein de ces sites sera renforcée, tant pour les personnes qui vont y être internées, que pour la population riveraine.
  • Des dispositifs de prévention tout autour de ces sites seront renforcées, afin de permettre à la population de vaguer librement et sereinement à leur occupation sans toutefois, évidemment être angoisser au risque d’être contaminé (Ceci passe par la distribution de cache nez, de gel hydroalcoolique, etc…)
  • Etc…

Personne n’est à l’abri de cette pandémie. Partant de ce fait fondamental, personne non plus ne doit être réfractaire à des mesures visant à freiner la propagation de cette pandémie s’il est bien sur perceptible, claires et importantes pour la population à qui cela est destinée et évident, que la personne qui dispose d’un minimum de protection peut se sentir en sécurité et apporter à son tour de l’aide à ceux qui en ont besoin avec un minimum d’inquiétude.

Nous espérons que cet incident, fasse comprendre au gouvernement que rien n’est gagné d’avance, mais qu’il faille montrer à la population qu’il est disposé à passer à des mesures concrètes pouvant rassurer la population, plutôt que de s’appuyer sur des soi-disant communications à consonance politique et de pré-campagne que nous rabâchent en longueur de journée les médias.

 

Samantha A. Desmonde