Covid-19/Enrôlement : A quel jeu funeste joue le gouvernement ? que cache une telle décision ?

Sur le plateau de 20h, le 18 avril 2020, Le ministre Issa Diakité s’est prononcé sur la poursuite ou non de l’enrôlement de la carte nationale d’identité (CNI) en plein Covid-19.

En dépit de la crise sanitaire du Covid-19, l’identification des populations se poursuit à travers le pays à affirmer le porte-parole du gouvernement « Absolument, il faut poursuivre cette opération. L’Etat fait obligation à chaque Ivoirien de disposer de sa carte nationale d’identité. L’Etat a obligation de faire en sorte que chaque Ivoirien puisse disposer de sa pièce ». Pendant un cours instant, certains ivoiriens ont pensé que cela relève de l’utopie, mais au fur et à mesure en écoutant le ministre ils se rendent compte à quel point ils sont en face d’une réalité dépourvue de tout bon sens.

Une telle décision, vient à l’encontre de toutes les bonnes décisions prises par ce même gouvernement depuis l’avènement du Covid-19 en Côte d’ivoire.                         

Selon les statistiques émanant du ministère de la santé, la Côte d’Ivoire compte à          ce jour : 

 – 801 cas confirmés

 – 6 décès 

 – 279 guéris.

La situation sanitaire est en nette dégradation, de même que le taux de progressions des contaminés augmente de jour en jour. Même si la Cote d’Ivoire n’enregistre pas de cas alarmant en nombre de décès, cela ne justifie en rien cette prise de décision improvisée pour le seul intérêt du gouvernement pourrait-on croire. La Côte d’Ivoire est dans une période de crise sanitaire grave qui a fait et continue de faire des millions de mort dans le monde.

A quoi rime ce refus de suspendre l’enrôlement ? A camoufler d’éventuels enrôlements clandestins comme le pense l’opposition et la société civile?

Dans son discours, le porte-parole du gouvernement a fait savoir que des mesures spécifiques ont été prises pour la gestion des centres d’enrôlement, telles que la mise en œuvre des mesures barrières, la désinfection des appareils après chaque processus d’enrôlement, la distribution envisagée de cache-nez pour les différents enrôlés qui viendront se faire identifier.

Qu’est ce qui justifie aujourd’hui la fermeture des restaurants, maquis et autres activités ? Est-ce parce qu’elles ne peuvent pas assurer les mêmes systèmes de protection appliqués par l’état pour protéger la population ? Non, mais pour la simple raison que, le risque de voir plusieurs personnes rassemblées à un seul et même endroit accroit le risque de contamination quel qu’en soit les mesures de protections qui seront prises. Il est cependant, important de préciser que parmi les décisions arrêtées par le gouvernement, il est question de l’interdiction de rassemblement de plus de 50 personnes. Combien de personnes pensent pourvoir accueillir les centres d’enrôlement ? 10, 20, 30 personnes ou plus, difficiles à dire, même le ministre Sidiki Diakité ne pourrait se prononcer.

A cela, il faut noter que l’interdiction actuelle de sortir d’Abidjan sans autorisation préalable, est l’une des mesures visant à éviter la propagation du virus à l’intérieur du pays. Il va s’en dire que, pour aller se faire établir des documents administratifs afférents à l’identification (extraits d’actes de naissance, Casier Judiciaires, etc..) sont autant de risques et occasions de contamination dans les services administratifs et les gares routières et même dans les cars de transport. Le plus alarmant, c’est la difficulté à ce jour, pour un bon nombre de la population Abidjanaise, à se procurer ne serait-ce qu’un masque de protection. Il ne s’agit donc pas de fournir sur place ces caches nez, mais de pouvoir maitriser le flux de personnes qui vont converger vers ces centres depuis leur domicile respectifs et le risque de contamination énorme qui va s’en suivre.

Par l’insouciance des décisions prises par le gouvernement, il anéanti de la plus mauvaise des manières ce qu’il a pourtant bâti plus tôt. Pour garder sa crédibilité, il est important d’aller jusqu’au bout des recommandations que le gouvernement prend car on ne peut vouloir une chose et le contraire en même temps.

Le gouvernement ne devrait pas privilégier l’organisation des prochaines élections au détriment de la santé et de la vie de la population, comme le veut le bon sens. 

Samanta A Desmonde.