CÔTE D’IVOIRE – SCRUTIN PRESIDENTIEL : LA GAUCHE EUROPÉENNE PARLE DE “FARCE ÉLECTORALE QUI MENACE LA PAIX”

Après l’élection présidentielle du 31 octobre 2020, place aux différents constats des partenaires de l’Etat de Côte d’Ivoire. L’Union européenne (Ue), après la déclaration de son Haut représentant aux Affaires étrangères, Joseph Borrell, les groupes qui la composent rendent public leur constat a eux. A cet effet, le Parti de la Gauche Européenne (PGE) – qui fédère plusieurs formations politiques de gauche, dont le PCF, Die Link, Syriza, etc. – via son groupe de travail, a fait une déclaration ce mercredi 4 novembre 2020. Ci-dessous, son argument qui le fonde à qualifier le scrutin de « farce électorale ».

« L’élection présidentielle du 31 octobre 2020 en Côte d’Ivoire a été telle que prévue par de nombreux observateurs : une farce ! Le bourrage d’urnes, l’utilisation de la violence militaire et paramilitaire envers les opposants qui appelaient à la désobéissance civile, viennent de donner leur triste résultat. Le président sortant Alassane Ouattara a décidé de s’octroyer 94 % comme dans les années 1970, au temps des partis uniques ! La Mission internationale d’observation électorale (MIOE) de l’Electoral Institute for sustainable democracry in Africa (EISA) et du Centre Carter a publié au lendemain de l’élection un rapport au titre évocateur : « Un scrutin non inclusif et boycotté qui laisse un pays fracturé ».
Alassane Ouattara s’est présenté à cette élection présidentielle en dépit d’une Constitution qu’il avait lui-même imposée en 2016, lui interdisant un troisième mandat. Sourd aux appels au dialogue lancé par l’opposition et la société civile, la répression du régime Ouattara s’abat à nouveau sur ceux qui remettent en cause le scrutin. La répression par les forces de l’ordre, aidées par des miliciens appelés « microbes » et armés de gourdin et de machette, ainsi que des affrontements entre des opposants et des groupes de soutien au pouvoir, ont provoqué la mort de plusieurs dizaines de personnes, des centaines de blessés, des destructions de biens publics et privés.

Cette fausse élection créé un vide démocratique préoccupant et menace la paix. La situation n’est pas durable et après une décennie de régression démocratique et d’atteinte aux droits humains, le pays est fragilisé. Alassane Ouattara a polarisé la société ivoirienne. Il a transformé les contradictions politiques en enjeux communautaires. Pour son intérêt politique, il se présente en défenseur des Musulmans et de Nordistes qui seraient, sans sa présence à la tête de l’Etat, « discriminés ». Dans les faits, la politique ultra-libérale qu’il a mené ces dix dernières années n’a pas été à l’avantage des classes populaires.
Le nord de la Côte d’Ivoire comme le reste du pays, l’immense majorité des Musulmans partage le sort des autres Ivoiriens : la pauvreté. La « forte croissance » ivoirienne tant vantée est extravertie et appauvrissante pour le plus grand nombre (…) Selon la banque mondiale, qu’on ne peut pas soupçonnée d’être hostile à Ouattara, près de la moitié des Ivoiriens (46.1%) vivent en situation de pauvreté multidimensionnelle et 17.6% de plus sont vulnérables.
Le soutien sans faille de l’Union européenne au régime ivoirien, jette un discrédit sur sa parole et son action dans toute l’Afrique. Il est encore tant pour l’Union européenne et tous les Etats qui la composent, en particulier la France, de retenir les leçons de ce qui a amené les déstabilisations dans toute la sous-région et de changer l’approche vis-à-vis de la Côte d’Ivoire. Cela est l’intérêt de l’Afrique et de l’Europe. Le PGE soutient toutes celles et ceux qui œuvrent à une perspective de paix et à la reconstruction de la démocratie en Côte d’Ivoire et exigent de l’Union européenne de cesser d’être complice du régime dictatorial qui sévit en Côte d’Ivoire. »

Source: opera news officiel