Les mesures de protectionnisme prises par l’Algérie deviennent la cible de l’Union européenne

Les mesures de protectionnisme prises par l’Algérie deviennent la cible de l’Union européenne

Les mesures de protectionnisme prises par l’Algérie deviennent la cible de l’Union européenne.
Par Kamal Louadj

Entre 2015 et 2019, les exportations européennes vers l’Algérie ont été affectées par les mesures «protectionnistes sans précédent» prises par le gouvernement algérien, indique un rapport de l’Union européenne publié sur son site. La chute enregistrée est de 50%, précise le document qui appelle Alger à respecter l’accord d’association.

Depuis la chute des prix du pétrole en 2014, l’Algérie, dont l’économie est liée à 98% à l’exportation des hydrocarbures, a introduit des mesures protectionnistes et restrictives qui ont impacté les importations de biens et services.

L’Union européenne, le premier partenaire commercial du pays (47% des échanges en 2019) et qui a vu baisser les volumes des échanges commerciaux, estime dans un rapport publié mardi 8 décembre sur son site que les mesures introduites étaient «en contravention» avec l’accord d’association Algérie-UE, signé en 2002 et entré en vigueur en 2017.

L’Algérie a également repoussé pour la deuxième fois la date de la mise en œuvre de l’accord de libre-échange.

Une situation économique et financière difficile

Avant d’entamer l’évaluation de l’impact des mesures prises par les autorités algériennes sur les échanges commerciaux entre les deux parties, le rapport de l’UE a établi un état des lieux de la situation économique et financière de l’Algérie en se basant sur des statistiques fournies par la Banque Mondiale.

«La Banque Mondiale estime que le déficit budgétaire s’est creusé pour atteindre -11,5% du PIB en 2019, contre -9,7% en 2018. La dette publique, traditionnellement basse, a considérablement augmenté de 33,9% du PIB en 2017 à 52,1% en 2019», informe le document. «Pour ce qui est du déficit de la balance courante, il s’est aggravé en 2019 jusqu’à – 10,2% du PIB, contre -9,8% en 2018, aggravation due principalement à la détérioration du déficit commercial. Le déficit continue à être couvert par les réserves internationales, qui ont néanmoins chuté à 61,5 milliards de dollars fin 2019 contre 79 milliards de dollars l’année précédente».

Selon le site d’information Tout Sur l’Algérie (TSA), le président de l’Association nationale des exportateurs algériens, Ali Bey Nasri, a affirmé lors d’un point-presse que «l’Algérie avait importé pour 320 milliards de dollars de biens entre 2005 et 2019 de l’Union européenne alors que ses exportations hors hydrocarbures vers la même zone et durant la même période sont dérisoires, de l’ordre de 15 milliards de dollars».

«L’UE est affectée par les mesures restrictives»

Ainsi, l’Union européenne informe dans son rapport qu’elle est «affectée par les mesures restrictives aux échanges introduites par le gouvernement algérien en contravention avec l’accord d’association Algérie-UE». Elle souligne que ces mesures sont «sans précédent dans la région sur des opérateurs européens» et que l’impact a été «très négatif»:

«Au cours de la période 2015-2019, l’exportation par les 27 [pays européens, NDLR] des produits affectés par ces mesures restrictives a chuté de plus de 50%, de 2,722 milliards d’euros en 2015 à 1,348 milliard d’euros en 2019».

À cet effet, l’Union européenne prévient qu’«il sera nécessaire de garantir que les échanges commerciaux se déroulent dans un cadre respectueux des règles agréées de manière conjointe», avant d’ajouter que «la stabilité régionale et la coopération en matière de migration et de mobilité continueront d’occuper une place importante dans l’agenda du partenariat».

En contrepartie, le rapport souligne que «L’UE restera disposée à appuyer les réformes annoncées par l’Algérie, notamment en matière de gouvernance, de diversification de l’économie et d’amélioration du climat des affaires et des investissements», sans fournir ni chiffres ni comparaisons des volumes.

Les autorités algériennes reprochent à l’UE la faiblesse des investissements directs, créateurs de richesse et d’emplois et cadre idéal du transfert du savoir-faire scientifique et technologique, les restrictions sur les visas et d’une façon générale un accord d’association strictement favorable à l’Union européenne.

 

Ivoire114l’AfriqueNouvelle.info avec SPUTNIK