Sur fond de méfiance envers l’AstraZeneca, Paris veut offrir ce vaccin aux pays pauvres

Sur fond de méfiance envers l’AstraZeneca, Paris veut offrir ce vaccin aux pays pauvres

Alors que le vaccin d’AstraZeneca est boudé en France, Paris annonce vouloir donner 100.000 doses aux pays pauvres dans le cadre d’un mécanisme de partage.

En ce mois d’avril, Paris devrait envoyer 100.000 doses du vaccin d’AstraZeneca à des pays pauvres, notamment africains, via le mécanisme de partage de doses Covax, indique Reuters, citant un conseiller d’Emmanuel Macron.

La France devient ainsi le premier pays européen à envoyer ses propres doses au programme Covax destiné aux pays pauvres, s’est félicité le conseiller.

«La France va inaugurer le mécanisme européen de partage de vaccins avec Covax. Sur le plan mondial. On espère bien que d’autres pays vont s’engager pour partager physiquement des vaccins avec Covax», a déclaré ce conseiller de Macron.

Au total, la France s’est engagée à livrer 500.000 doses d’ici la mi-juin et à diversifier ses livraisons avec des vaccins d’autres producteurs.

La réticence envers l’AstraZeneca

Cette décision intervient alors que les Français boudent massivement le vaccin d’AstraZeneca, associé souvent à la formation de caillots sanguins, un effet secondaire pourtant très rare.

Ces dernières semaines, plusieurs centres de vaccination, dont certains à Amiens, à Beauvais ou encore à Tours, sont restés presque vides faute de volontaires pour se faire injecter la préparation du laboratoire britannico-suédois. De plus, un sondage Odoxa-Backbone Consulting pour Franceinfo et Le Figaro, paru le 8 avril, montre que le vaccin est rejeté par 71% des Français qui optent plutôt pour ceux de Pfizer-BioNTech (niveau de confiance de 70%) et de Moderna (65%).

À en croire Le Canard enchaîné paru le 21 avril, le gouvernement prépare une campagne de communication avec des personnalités connues pour les Français âgés de plus de 55 ans afin de les convaincre de se faire vacciner avec l’AstraZeneca.

Dans son dernier rapport daté du 16 avril, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a recensé 23 cas de thrombose de localisation atypique, dont huit décès sur 2,7 millions de vaccinations par cette préparation en France. L’agence considère comme «plausible» un lien de causalité entre la vaccination avec ce vaccin et la survenue de thromboses. Les bénéfices du vaccin continuent pourtant d’importer sur les risques, a estimé le 14 avril l’Agence européenne des médicaments (EMA) dans son rapport.

Le dispositif Covax

D’ici la fin de l’année, le mécanisme Covax financé par l’OMS, l’Alliance du vaccin (GAVI) et la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI), a pour objectif de fournir gratuitement en doses 92 économies à faible et moyen revenu, notamment les pays africains.

En février, le Ghana et la Côte d’Ivoire sont devenus les premiers pays à vacciner contre le coronavirus grâce à ce dispositif.

En avril, la Nouvelle-Zélande s’est engagée à faire don à Covax de plus de 1,6 million de doses de vaccin, en privilégiant la région Pacifique.

Mi-février, la Russie a promis de faire don de 300 millions de doses de son vaccin Spoutnik V aux 55 pays africains, les premières livraisons étant attendues dès le mois de mai. La Chine, elle aussi, en février, a offert 200.000 doses du vaccin produit par la société Sinopharm à la Sierra Leone.

 

 

 

Par Elena Zegonova avec Ivoire114l’AfriqueNouvelle.info