La Russie explique pourquoi elle bloque des comités d’experts de l’Onu sur l’Afrique

La composition des comités des sanctions de l’Onu dans plusieurs pays africains, qui a été qualifiée de déséquilibrée par la Russie, pousse cette dernière à bloquer leur travail afin de former des groupes qui répondent plus aux critères d’impartialité, de neutralité et d’indépendance.

Un manque de diversité géographique, et notamment la composition déséquilibrée des comités des sanctions dans les pays africains de l’Organisation des Nations unies, a été reproché par la Russie, qui bloque leur travail depuis plusieurs semaines. Selon l’ambassadeur adjoint russe à l’Onu cité par l’agence Reuters, certains experts proposés dans ces comités ne répondent pas aux critères d’impartialité et d’indépendance. Il a été souligné que le nombre d’experts occidentaux est dominant dans ces comités.
La Russie juge que cette composition déséquilibrée affecte le travail des comités sur place. Ainsi, l’approbation d’un certain nombre de comités ou d’experts individuels à l’initiative de la Russie reste à l’examen.
De ce fait, depuis quelques semaines, des experts de l’Onu faisant partie de ces comités en Centrafrique, en République démocratique du Congo, au Mali et au Soudan du Sud sont au chômage technique.
Les membres des comités des sanctions de l’organisation sont chargés de contrôler les embargos sur les armes. Ils ont aussi le pouvoir de proposer des sanctions contre des personnalités.
 

Le Groupe Wagner et une enquête de CNN

Ce n’est pas la première fois que certains s’inquiètent de la présence de la société militaire privée russe Wagner en Afrique.
 
Ce 29 septembre, la ministre française des Armées Florence Parly a notamment avancé devant le Sénat qu’elle avait rencontré les autorités maliennes et qu’elle les avait prévenues que, si elles concluaient un partenariat avec la société militaire privée russe Wagner, le Mali perdrait le « soutien de la communauté internationale ». Elle a en outre affirmé qu’elle leur avait détaillé « ce que la France pensait de Wagner et ce qu’elle pensait des mercenaires d’une manière générale ».

« Pour nous, les choses sont claires: il n’est pas possible de cohabiter avec des mercenaires », a ajouté Florence Parly.
 
Commentant un accord éventuel, Jean-Yves Le Drian a averti pour sa part que la France pourrait retirer ses troupes si la junte au pouvoir travaillait avec le Groupe Wagner.
En juin, CNN et le groupe d’investigation The Sentry avaient publié une enquête sur « une série d’atrocités de masse contre des civils » qui auraient été commises par le Groupe Wagner, une société de sécurité privée que les journalistes lient au Kremlin.
 
Le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié le reportage de « salve propagandiste ». Il a en outre mis l’accent sur le fait que l’enquête n’avait fourni aucune preuve convaincante de l’implication des Russes dans ces crimes et qu’on propose, comme toujours, aux lecteurs de « croire sur parole » ce qui est montré.
 
« Le but de ces efforts est notamment de justifier les tentatives d’ingérence des États-Unis et de leurs alliés dans les affaires intérieures afin de changer des régimes indésirables. Le prétexte reste pratiquement toujours le même: +la défense de la population civile+ », a expliqué le ministère russe.
 

Les instructeurs russes en Centrafrique

L’ambassadeur russe à Bangui Vladimir Titorenko avait précédemment déclaré à Sputnik que des instructeurs russes étaient présents en Centrafrique, qu’ils s’occupaient de la formation des militaires de l’armée gouvernementale et que le Conseil de sécurité de l’Onu et son comité des sanctions en étaient informés. Le diplomate a indiqué qu’il ne serait pas correct de les qualifier de mercenaires, car ils ne participent pas à des affrontements armés.

De plus, le ministère russe des Affaires étrangères avait précisé que plus de 500 instructeurs se trouvaient en Centrafrique et qu’une augmentation de leur nombre n’était pas prévue.
 
 

Julia Belyakova de Sputnik avec Ivoire114l’AfriqueNouvelle.info