ACQUITTEMENT DU PRÉSIDENT LAURENT GBAGBO – Ivoire114l'AfriqueNouvelle

ACQUITTEMENT DU PRÉSIDENT LAURENT GBAGBO

Une contribution de Viviane Gnakalé
Écrivain et membre du
Ppa-C

La presse ivoirienne, depuis quelques semaines, rapporte des déclarations tendancieuses provenant tous azimuts des détracteurs du Président Laurent Gbagbo, lesquels semblent s’être donné le mot et mis en mission expresse d’entacher la glorieuse victoire du Président Laurent Gbagbo sur les agents de la Françafrique qui espéraient éteindre tout espoir de démocratie en Afrique en maintenant définitivement ce dernier derrière les barreaux de la CPI d’où, selon eux, on ne revient jamais..

Hélas pour eux ! Il y a quelques jours, en effet, faisant suite aux nombreuses interpellations du Président Laurent Gbagbo qui ne cesse à chacune de ses adresses, de demander la libération des prisonniers politiques incarcérés, depuis maintenant, plus de dix ans, le porte-parole de gouvernement RHDP a été littéralement pris d’une convulsion litanique qui l’a amené à révéler aux Ivoiriens, combien la pression constante que leur impose le Président Gbagbo, devient de plus en plus insoutenable pour eux, tant le maintien en prison des militaires et opposants politiques, ne fait que conforter les convictions nationales et internationales sur la nature dictatoriale de ce régime profondément injuste et anti-démocratique.

Si la situation n’était pas aussi grave et urgente, je dirais que cela ressemble à une grotesque plaisanterie. M. Amadou Coulibaly parle de «nuits troublés» par je ne sais quels «aveux de responsabilités» du Président Gbagbo, parce que ce dernier demande la libération des prisonniers militaires et des prisonniers politiques.

Quoi de plus normal que de réclamer la libération de ces derniers, quand celui qu’on accuse d’être leur commanditaire a été purement et simplement lavé de toute accusation et acquitté ? Le porte-parole du gouvernement d’Abidjan semble passer à côté de la pertinence de cette requête, pour s’engouffrer dans des déclarations à l’emporte pièce sans base ni fondement.

À l’entendre, on croirait que sa belle petite prestation rhétorique va réussir à camoufler le véritable crime dont il s’agit ici :celui de consacrer la violation des droits et des libertés
dans notre pays en maintenant ad vitam æternam des citoyens en prison.

Pourtant, au grand dam des assassins de la démocratie, nul n’est dupe de ces formes de crimes contre l’humanité qui sont actuellement perpétrés au vu et su de tous.

C’est un euphémisme de dire qu’ils sont bien observés que ce soit de l’intérieur, de la sous-région ou depuis l’extérieur.

Au point où celui qu’on veut faire passer, pour le champion de la démocratie toute catégorie s’est vu claquer les portes au nez, par le Président américain Joe Biden, de ce qu’on peut ironiquement nommer le «plus illustre» des sommets sur la démocratie aux États-Unis. M. Amadou Coulibaly devrait peut-être se calmer un moment, s’inquiéter et méditer sur le fait que leur champion n’est pas tout à fait perçu comme leurs propagandes voudraient le dépeindre et le vendre, à coups de millions de pots de vin versés à des journalistes alimentaires comme un certain impoli desaid Penda, dont je reviendrai sous peu sur les propos diffamatoires…

Entre nous, donc, si quelqu’un devait avoir le sommeil troublé en ce moment même, ce n’est aucunement le Président Laurent Gbagbo, un homme à la stature légendaire, admiré de tous et qui force même le respect de ses plus grands pourfendeurs, pour avoir vaincu la coalition de comploteurs de la françafrique avec leur lot de sous fifres négriers auxquels sont confiés les basses besognes de recolonisation de l’Afrique.

Les nuits blanches et hantées, les sommeils troublés, je puis vous l’assurer, ne sont pas le triste lot du Président Gbagbo, en ce moment mais bel et bien celui des cadres du Rhdp et de leur champion de la répression et la dictature mal dissimulée.

La simple raison de toute cette convulsion sismique qui agite M. le porte parole Amadou Coulibaly, à chacune des sorties du Président Laurent Gbagbo lorsque ce dernier plaide pour les militaires et prisonniers politiques, est que ça marche ! Absolument ! La pression qu’il fait peser sur les épaules du régime d’Abidjan fonctionne bel et bien.

La démarche initiale a d’abord, été amicale et fraternelle mais elle n’a pas ému nos hôtes outre mesure. Il faut donc y aller par la dénonciation pacifique mais ferme et constante. C’est cela, la démonstration des méthodes démocratiques.

La protestation active mais pacifique.

On voit que les interpellations du Président Gbagbo ne passent pas inaperçues, et les cadres du Rhdp le comprennent bien, car si elles s’adressent directement à eux, elles résonnent
aussi à une plus haute fréquence, à savoir à l’international et commencent sérieusement à impatienter les témoins extérieurs de la vie politique ivoirienne.

LE PORTE-PAROLE DU GOUVERNEMENT D’ABIDJAN SEMBLE PASSER À CÔTÉ DELA PERTINENCE DE CETTE REQUÊTE,POUR S’ENGOUFFRER DANS DES DÉCLARATIONS À L’EMPORTEPIÈCE SANS BASE NI FONDEMENT

Alors, M. Amadou Coulibaly, plutôt que de se lancer dans des diatribes improductives à chaque sortie stratégique du Président Gbagbo, rendrait une fière chandelle au Président Ouattara en lui transmettant le message et en lui expliquant bien qu’il est plus profitable, pour son image «d’illustre démocrate des tropiques» de libérer les militaires et prisonniers politiques qui n’ont que trop durer dans ses geôles; car non seulement cela ternit son image mais attention, notre communauté dite internationale pourrait chercher à dissocier son image de la sienne.

Fort malheureusement, ce régime qui fait marcher la démocratie à reculons n’est pas le seul à engorger la presse de petites phrases assassines, pour entacher l’acquittement du Président Gbagbo.                                                                                                                                                                                                                                                                               

Et loin d’observer passivement cette valse de sorciers ennemis de la démocratie et de la réconciliation ,le PPA-CI se donne pour mission, à chacune de leurs provocations, de réagir et de les dénoncer énergiquement.

Fait extrêmement grave : encore récemment, M. Alexis Deswaef, vice-président de la Fédération internationale des droits de l’homme (Fidh), a déclaré dans son
point de presse, du vendredi 10 décembre dernier, l’absurdité suivante (extrait de linfoexpress.com) : «Au niveau international, l’acquittement, confirmé en appel le 31 mars 2021, de l’ancien Président Laurent Gbagbo et de son ancien ministre Charles Blé Goudé par la Cpi a consacré l’impunité totale désormais accordée aux auteurs des crimes de la crise postélectorale de 2010 à 2011, en Côte d’Ivoire.

L’acquittement de ces deux seuls suspects poursuivis devant la Cpi signifie que les plus hauts responsables de ces crimes, tant parmi les pro-Gbagbo que les
pro-Ouattara, ne seront probablement jamais inquiétés», a regretté le Vice-président de la Fidh. A ses yeux, la réconciliation tant souhaitée par les Ivoiriens, a fait passer par pertes
et profits les milliers de victimes de la crise postélectorale qui ne savent plus à quel saint se vouer.

Il estime qu’un «processus de réconciliation nationale véritable a besoin de la lutte contre l’impunité pour dire la vérité, rendre la justice et garantir une stabilité durable». Cette déclaration est remplie d’incohérences ahurissantes qui témoignent bien de la mauvaise foi de ces marchands d’illusions…

D’abord, M.Deswaef précise bien lui même que «l’acquittement du Président Laurent Gbagbo a été prononcé par les juges de la cour de premier instance et confirmé en appel…

Un acquittement prononcé et confirmé. Comment peut-on encore chercher à le remettre en cause, neuf mois après qu’il ait été prononcé, à l’issue de trois ans, d’un long et pénible procès où l’on n’a entendu que les témoins de l’accusation qui ont pratiquement tous contribué à l’acquittement des deux accusés en témoignant, dans de nombreux cas, à décharge. M. Deswaef
poursuit plus loin, son incongruité en prétendant que cet acquittement consacre l’impunité totale…

Or ce qui consacre l’impunité totale, en réalité, c’est qu’un seul camp dans cette affaire, a été malmené et jugé quand le camp des soi-disant vainqueurs a jusqu’ici été épargné.

C’est précisément ce sur quoi devait porter sa prétendue indignation. Autre incohérence de taille : cet expert des droits l’homme qui ne semble pas tellement étouffé par la honte et l’incohérence de ses propos, appelle le Président Gbagbo et son codétenu de l’époque, le ministre Charles Blé Goudé, « des suspects » et semble regretter qu’ils aient été acquittés. En effet, tout accusé avant sa comparution devant la cour, n’est qu’un simple suspect.
En comparaissant devant la Cour, il devient un accusé qui, dans une société démocratique digne de ce nom, bénéficie tout naturellement de ce qu’on appelle « la présomption
d’innocence ». Puis, à l’issue, d’un procès juste et équitable, l’accusé est acquitté, s’il est démontré que les charges retenues contre lui ne sont aucunement fondées. Et c’est ce qui s’est passé dans ce cas ci.

Enfin, M. Deswaef finit de consacrer sa mauvaise foi en pensant qu’une sérieuse réconciliation pouvait avoir la moindre chance d’aboutir si le Président Laurent Gbagbo et le ministre Charles Blé
Goudé avaient été condamnés par la Cpi,

Mais de quelle réconciliation parle-t-il et surtout sur quelles victimes s’apitoie-t-il, quand on sait qu’il y a eu de nombreuses victimes de part et d’autre et que de l’autre côté aussi, les victimes attendent qu’on leur rende des comptes; ce qui pourrait consacrer le début de la véritable réconciliation.
Notre expert des droits de l’homme n’a pas compris que la meilleure chose qui pouvait arriver à la réconciliation en Côte d’Ivoire, est bien que le Président Gbagbo et Charles Blé Goudé soient libérés.

Et par la suite, les vrais responsables soient enfin épinglés et traînés devant la Cpi, pour répondre de leurs crimes.

LA MEILLEURE CHOSE QUI POUVAIT ARRIVER À LA RÉCONCILIATION EN CÔTE D’IVOIRE,EST BIEN QUE LEPRÉSIDENT GBAGBO ETCHARLES BLÉ GOUDÉSOIENT LIBÉRÉS.

À ces deux malencontreuses sorties dont nous nous serions bien passé, s’est ajoutée, hier, celle d’un certain journaliste qui lui aussi se réclame d’être expert des droits de l’homme, tout en se noyant dans de grossières contradictions qui ne méritent pas ce titre.

J’aurais voulu taire son nom, tant ses propos irrévérencieux à l’encontre du Président Gbagbo, qui n’ont d’égal que son niveau d’éducation terre-à-terre, ne méritent même pas qu’on s’y
attarde. Or, la politique du Ppa-CI du zéro degré de tolérance face aux mensonges et diffamations gratuites m’obligent à m’attarder quelque peu sur ces inepties diffamatoires afin de recadrer certaines choses.

D’abord, le sieur said Penda avance que l’ex-Fpi au pouvoir aurait détourné durant tout son mandat, près de 10000 milliards. Mais 10 000 milliards de quoi exactement? De Fcfa, de dollars,
d’euros.

La rigueur d’analyse d’un journaliste d’investigation doit se démontrer au poil près, s’il veut bénéficier d’un début de crédibilité, surtout lorsqu’il s’agit d’accuser les gens de détournement d’argent sans aucune preuve, aucun document à l’appui ni aucune source fiable et vérifiable.

Cette rigueur, hélas, fait ici, grand défaut. Il ne fait qu’aligner des nombres les uns à la suite des autres,
en prétendant que le régime Ouattara qui est pourtant, selon lui, un modèle de bonne gouvernance et de gestion rigoureuse du denier public, est à la tête d’un détournement de 500 milliards
seulement.

Seulement, précise-t-il! Et toujours sans aucune source, ni aucun document, pour attester ses allégations. Mais comment peut-on concilier ces deux incongruités? Être un gestionnaire ultra rigoureux et en même temps, l’auteur d’un détournement de 500 milliards? Mais bon, nous ne sommes plus à une incongruité près, quand on sait que le même régime conduit actuellement des audits sur ses propres fonctionnaires dont il a longtemps couvert les malversations.

Au 1er juillet 2021, 28 sociétés d’état sont sur la liste des sociétés à auditer «au 19 juillet 2021, ce sont près de 500 personnes qui ont été inculpées pour corruption, enrichissement illicite, blanchiment, détournement de deniers et titres publics…»

(À combien de milliards pensez-vous que ces détournements vont finalement s’élever à l’issue des ces opérations d’audit, si on
les ajoute aux 500 milliards tirés du chapeau de M. said Penda ?

Et qu’adviendra-t-il de toutes ces 500+ personnes inculpées? savons nous si elles finiront où elles doivent finir, c’est-à-dire à la Maca?

Pas si sûr, quand on sait combien ce régime consacre l’impunité et protège ses criminels, contrairement aux affirmations de M. Penda. Jongler avec des chiffres qui n’ont ni queue, ni
tête comme on le fait à la loterie, c’est une chose; traiter de «criminel de guerre» un citoyen respectable et respecté qui jouit de tous ses droits après avoir été acquitté et rétabli dans ses
droits par la Cour pénale internationale (Cpi) en est autre.

M. said Penda, si cela l’amuse, peut se perdre dans ses prestidigitations de chiffres mais diffamer et remettre en cause une décision de justice, dans un procès qui a duré trois ans et a vu passer plus de quatre-vingt témoins de l’accusation, est un acte passible de poursuites judiciaires.

Ainsi donc, avis à ceux qui tenteraient désespérément de jeter le discrédit sur l’acquittement en bonne et due forme du Président Laurent Gbagbo en se livrant, de ce fait, à un jeu de violation de ses droits de citoyen libre. Une telle tentative leur donnera l’occasion, de faire la preuve de leurs allégations devant une cour de justice. Qu’ils se le tiennent pour dit, nous ne nous tairons plus face à leurs provocations d’où qu’elles viennent! si le Président Laurent Gbagbo a vaincu la Cpi «d’où l’on ne revient pas, selon eux» en étant acquitté et blanchi par elle, ce n’est pas, pour se laisser salir par des propos provocateurs et infondés. 

Encore une fois, ces sorties ne sont pas anodines, elles visent à ternir à et remettre en question l’acquittement d’un homme dont le seul crime a été de vouloir émanciper son pays et tirer l’Afrique des griffes de la françafrique.

Entendons nous bien, le Président Gbagbo n’est pas le camarade de ces agitateurs de la vie politique, la stature dont il jouit, tant au plan national qu’au plan international, n’est plus à leur portée. Toutefois, il faut leur faire comprendre que le respect s’impose. Dès lors, toute diffamation gratuite, non-prouvée, qui vise à entacher l’acquittement par la Cpi du Président Gbagbo sera sérieusement reprise par un droit de réponse adéquat. Ce proverbe africain dit, judicieusement, que lorsque l’on danse avec un aveugle, il faut de temps en temps, lui marcher sur les pieds afin qu’il sache qu’il n’est pas seul sur la piste de danse.

Donc, à bon entendeur, salut

 

Une contribution de Viviane Gnakalé
Écrivain et membre du
Ppa-C