Guerre en Ukraine: la carte de l’évolution des bombardements et de l’avancée russe – Ivoire114l'AfriqueNouvelle

Guerre en Ukraine: la carte de l’évolution des bombardements et de l’avancée russe

Après les mots, les bombes. L’annonce d’une «opération militaire» par Vladimir Poutine dans la nuit de mercredi à jeudi a été suivie dans la minute par le vacarme des premières explosions en Ukraine. Depuis le petit jour, des frappes russes ont touché l’ensemble du territoire ukrainien.

Les attaques sont coordonnées sur plusieurs fronts, au nord, et principalement à l’est du pays, utilisant dans le secteur sud des roquettes et hélicoptères contre les positions ukrainiennes. Comme attendu, les régions frontalières, notamment celles du Donbass, concentrent la plupart des tirs. Mais beaucoup de frappes ciblent aussi la capitale, Kiev, ainsi que l’ouest du pays, comme le montre la carte dressée par Libé, avec les bombardements et l’avancée des troupes russes recensés à 18 heures.

© Fournis par Liberation

Les frappes se sont multipliées sur l’ensemble du territoire comme le montre notre carte de ce midi (ci-dessous), et non plus seulement sur les lignes de front proches des frontières, pour accompagner l’avancée terrestre généralisée des troupes de Poutine. Les bombardements semblent s’intensifier dans l’ouest du pays au fur et à mesure que l’étau russe se resserre autour de la capitale ukrainienne.

© Fournis par Liberation

Par rapport à la situation à 10 heures du matin, trois nouvelles frappes ont été authentifiées, dans le territoire séparatiste de Loungansk, ainsi qu’à l’ouest de Kiev.

Les cibles sont avant tout militaires, les Russes cherchant notamment à s’assurer de la supériorité aérienne : aérodromes, systèmes de défense sol-air. Mais des sites de services de renseignements ukrainiens auraient également été pris pour cible.

Une dizaine d’heures après le début du conflit, l’état-major russe a communiqué un premier bilan. Il parle de «74 installations terrestres de l’infrastructure militaire ukrainienne mises hors service» dont 11 aérodromes de l’armée de l’air, trois postes de commandement, une base navale ukrainienne et 18 stations radar des systèmes de défense antimissile ainsi qu’un «hélicoptère d’attaque» et «quatre drones Bayraktar TB-2» de fabrication turque.

Par ailleurs, les séparatistes prorusses à l’offensive contre l’armée ukrainienne dans l’Est et sous le couvert de bombardements russes auraient «progressé de 7 kilomètres» dans leur attaque.

En parallèle, plusieurs témoignages font état d’immeubles d’habitation touchés. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, a aussitôt dénoncé le début d’une «invasion de grande ampleur» par la Russie. «De paisibles villes ukrainiennes sont en train d’être attaquées. C’est une guerre d’agression. L’Ukraine se défendra et gagnera. Le monde peut et doit arrêter Poutine. Il est temps d’agir maintenant», a-t-il tweeté.

Libération recense les forces en présence des deux côtés. Sur le papier, les forces russes sont estimées au total à 900 000 soldats. Environ 190 000 d’entre eux se trouveraient aux abords de l’Ukraine. Ils sont appuyés par des chars, des blindés ainsi que des moyens technologiques conséquents, très largement supérieurs à ceux des 200 000 troupes ukrainiennes.

Sans oublier les nombreux aéronefs russes stationnés sur des bases au Bélarus, ainsi que des navires de guerre positionnés en mer Noire par le Kremlin. Libération présente ce rapport de force déséquilibré en une infographie ci-dessous.

Contacté par Libération, Ievgenii Lutsenko, informaticien de 32 ans vivant à Kharkiv, dans l’est de l’Ukraine, raconte ce qu’il a vécu ce jeudi matin : «J’ai été réveillé à 5 heures par un bruit d’explosion. Ensuite j’ai appris la déclaration de la guerre officielle par Poutine. […] Je me suis préparé un petit sac. […] On se prépare mais pas de panique. Certaines personnes vont au boulot normalement. Il y a un sentiment de résistance, plutôt.»

Mais la population ukrainienne commence à fuir et des images d’embouteillages monstres circulent sur les réseaux sociaux. Le bilan humain s’annonce déjà lourd. En fin de matinée, un conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky a indiqué qu’au moins 40 soldats et une dizaine de civils avaient été tués aux premières heures de l’invasion russe.

Mise-à-jour : à 12 h 17, avec l’ajout de la carte des frappes authentifiées à 10 heures du matin.

Mise-à-jour : à 15 h 39, avec le bilan communiqué par l’armée russe.

Mise-à-jour: à 18 h 14, avec l’ajout de la carte des frappes authentifiées à 18 heures.

 

Liberation