George Floyd, drogue… Ce que contient le livre de l’ex-ministre de la Défense de Trump – Ivoire114l'AfriqueNouvelle

George Floyd, drogue… Ce que contient le livre de l’ex-ministre de la Défense de Trump

George Floyd, drogue… Ce que contient le livre de l’ex-ministre de la Défense de Trump

L’ex-président américain aurait émis des solutions radicales contre des labos de drogue au Mexique et contre des manifestants antiracistes, selon Mark Esper, ministre de la Défense entre juillet 2019 et novembre 2020.

C’est un livre qui va probablement exaspérer l’ancien président américain Donald Trump (2016-2020). Dans ses mémoires intitulées A Sacred Oath (« Un serment sacré »), qui paraîtront ce mardi 10 mai, l’ex-ministre de la Défense – entre juillet 2019 et novembre 2020 – Mark Esper raconte notamment que Donald Trump avait envisagé de bombarder les laboratoires de narcotrafiquants au Mexique, en 2020.

Mark Esper rapporte que l’ex-président américain aurait demandé à deux reprises si les forces armées pouvaient « tirer des missiles sur le Mexique pour détruire les labos de drogue », selon des extraits cités par le New York Times. Le président américain estimait à l’époque que les Etats-Unis auraient pu prétendre ne pas être à l’origine d’une telle frappe de missiles sur le sol mexicain. Mark Esper est resté sans voix après les déclarations de Donald Trump.

« Vous ne pouvez pas simplement leur tirer dessus ? »

Toujours selon l’ex-ministre de la Défense, Donald Trump a par ailleurs émis une autre solution radicale pour en finir avec des manifestants antiracistes cette fois, comme le rapporte Axios, qui a obtenu des extraits du livre.

« Vous ne pouvez pas simplement leur tirer dessus ? Tirez-leur dans les jambes ou quelque chose », aurait-il déclaré en juin 2020 dans le Bureau ovale, alors que des protestataires étaient rassemblés autour de la Maison-Blanche lors des manifestations antiracistes. La mort le 25 mai 2020 de l’Afro-Américain George Floyd, tué par un policier blanc à Minneapolis, dans le nord des Etats-Unis, avait en effet provoqué une vague d’indignation et de manifestations.

« La bonne nouvelle : cela n’a pas été une décision difficile » de ne pas suivre l’idée lancée par le président républicain, raconte Mark Esper. « La mauvaise : je devais faire en sorte que Donald Trump fasse machine arrière sans créer le bazar que je cherchais à éviter. »

Donald Trump avait décidé de limoger Mark Esper en novembre 2020, quelques jours après l’annonce des résultats de l’élection présidentielle américaine. Ce sont les manifestations monstres du printemps 2020, après la mort de George Floyd, qui ont précipité la perte de Mark Esper.

Ce dernier avait donné d’abord des gages au président républicain en prépositionnant près de Washington des renforts militaires. Il parlait des rues de la capitale fédérale comme d’un « champ de bataille » et s’affichait auprès de Donald Trump lorsque celui-ci se faisait photographier devant une église après la dispersion brutale d’une manifestation près de la Maison-Blanche.

« Fracassez-leur le crâne ! »

Mais au sein de l’armée américaine, considérée comme un ascenseur social et où les minorités sont largement représentées, l’incident a provoqué le malaise. Plusieurs officiers noirs de haut rang ont exprimé publiquement leur soutien aux manifestants.

Deux jours plus tard, le chef du Pentagone désamorçait la crise en s’opposant publiquement au déploiement de l’armée pour réprimer les manifestations.

« Je ne suis pas favorable à décréter l’état d’insurrection », déclarait-il, en référence au seul décret qui permettrait légalement au président de déployer des soldats d’active face à des citoyens américains, et non plus des réservistes de la Garde nationale. Le divorce avec Donald Trump était alors consommé.

Dans un livre paru en août 2021, intitulé Frankly, We Did Win This Election : The Inside Story of How Trump Lost (« Honnêtement, nous avons gagné cette élection : comment Trump a perdu ») le journaliste Michael Bender avait déjà rapporté que le milliardaire américain s’était exclamé à plusieurs reprises : « Tirez-leur dessus », en marge de ces mêmes rassemblements antiracistes.

Devant des images de répression des manifestants, Donald Trump aurait également lancé : « C’est comme ça que vous devez vous occuper de ces gens. Fracassez-leur le crâne ! »