Pourquoi Paul KAGAMÉ a-t-il accepté que le Royaume -Uni expulse les africains au Rwanda ? – Ivoire114l'AfriqueNouvelle

Pourquoi Paul KAGAMÉ a-t-il accepté que le Royaume -Uni expulse les africains au Rwanda ?

Par Tapé GROUBERA

POURQUOI PAUL KAGAMÉ A-T-IL ACCEPTÉ QUE LE ROYAUME-UNI EXPULSE LES MIGRANTS AFRICAINS AU RWANDA ?

INTRODUCTION

Avec l’accord conclu par le Rwanda de Paul KAGAMÉ et le Royaume-Uni, le 14 avril 2022 dernier [1] une trentaine (31 exactement) de migrants africains au Royaume-Uni, devraient être déportés (pardon expulsés) au Rwanda hier, mardi 15 juin 2022. Et cela grâce à la Cour Européenne des droits de l’homme et au Haut Commissariat des Nations-Unies pour les droits de l’homme.

Comment Paul KAGAMÉ qui est présenté par certains africains comme un modèle de président voire panafricain a-t-il conclu un accord qui viole les droits de l’homme ? Avant de répondre à cette question, un petit rappel historique sur le Rwanda, suivi d’une brève présentation de la prise et la gestion du pouvoir par M. KAGAMÉ au Rwanda.

1. BREF RAPPEL HISTORIQUE DU RWANDA

Avant l’agression, puis l’occupation de l’Afrique par les Européens, communément appelée « colonisation », tous les Peuples AFRICAINS, sans exception, avaient des civilisations et des organisations bien structurées.

Et Les Rwandais et Burundais qui jadis constituaient un seul royaume Ruanda-Urundi,en faisaient partie:  » Quand les premiers Européens parvinrent sur les hauts-plateaux de la crête Zaïre-Nil, au cœur de l’Afrique centrale, ils trouvèrent un royaume grand comme la Belgique, très peuplé, dont les habitants parlaient la même langue-le kinyarwanda-et étaient administrés par les agents du mwami, lequel roi disposait d’une armée régulière :un État structuré « . [2]

Et compte tenu de la division sociale du travail, propre à toute société humaine, une partie de la société ruando-urundaise va s’adonner exclusivement à l’élevage, ce sont les Tutsis (ou Batutsis), et une autre se consacrera à l’agriculture: les Hutus ou Bahutus). Et, un Hutu acquérant un troupeau devient tutsi [3].

Les Européens, notamment les catholiques-les Pères Blancs-, à leur arrivée sur le Continent-Mère, dans toujours l’esprit de diviser pour régner vont catégoriser les populations autochtones en « races » distinctes, en s’appuyant sur leurs propres critères morphologiques et physiques. Ainsi les Européens diront qu’il y a les Batutsis, « intelligents, avec leur haute stature et leur démarche altière » ils sont presque Blancs, utilisables comme auxiliaires de l’œuvre civilisatrice » (européenne).

Ces  » Tusti », considérés par les Européens comme de « race sémitique et hamite » ne sont pas, selon eux, des Nègres :  » Ils n’ont du nègre que la couleur. Leur conformation les rapproche du Blanc plus que du nègre, si bien que l’on pourrait dire sans beaucoup se tromper qu’ils sont des Européens sous une peau noire (…). Le reste de la population est est Bantoue » [4].

Il y a ensuite, les Bahutus, les vrais nègres, qui selon eux sont des sous-hommes et doivent travailler et pour les Européens et les « Tutsis ».

Enfin, il y a les Twas (ou Batwas) , considérés comme des pygmées, à cause de leur taille moyenne. Il seront considérés pratiquement comme des primitifs sauvages, à la limite des animaux. Les Européens occupants, d’abord les catholiques (les pères Blancs), ensuite Allemands, puis enfin les Belges vont inculquer cette stratification sociale aux populations africaines de ce royaume. 

À telle enseigne que le brassage entre ces populations sera interdite sur le papier car « race » de chacun fut inscrite sur les cartes d’identité. Imaginez, par exemple, que depuis, 1919, sur la carte d’identité belge, on marquera, « race Wallonne », celui qui parle français, « Race Flamande » celui parle le néerlandais, et « Race germanique » celui qui parle l’allemand.

Revenons au royaume.

À l’indépendance, il sera scindé en deux par les Européens: le Rwanda sera à majorité Hutus, alors le Burundi sera majoritairement Tutsis.

C’est dans cette hiérarchisation faite de frustrations et de haines que les Burundais et les Rwandais ont vécu jusqu’au pire, en 1993. Il fallait s’attendre à ce que cette situation dégénère un jour. Surtout que les régimes installés après les indépendances, vont perpétuer cette ségrégation sociale pour demeurer au pouvoir.

Ainsi, »deux (2) génocides liés vont être perpétrés successivement par les dictatures mono-ethniques en place : en octobre 1993, au Burundi ce furent les Hutus qui ont massacrés en masse par l’armée tutsiste qui avait assassiné le président hutu élu Melchor Ndadaye ; et [d’autre part], d’avril à juillet 1994, au Rwanda, ce furent les Tutsis qui ont été massacrés jusqu’au dernier (si possible) par les militaires et miliciens Hutus, après l’assassinat du président hutu Juvénal Habyarimana, vraisemblablement ordonné par son ennemi le major tutsi Paul KAGAMÉ »[4].

2. P. KAGAMÉ ET LA RÉBELLION ARMEE PRENNENT LE POUVOIR AU RWANDA.

Le 4 août 1993, après plusieurs années de négociations, le Gouvernement de la République rwandaise et le Front patriotique rwandais, (FPR)-la rébellion armée- signaient l’accord de paix d’Arusha afin de mettre un terme à la guerre civile rwandaise débutée en 1990 [5].

Déjà le 3 avril 1994, la radio de propagande « Radio Mille Collines » annonça que quelque chose allait arriver. Et donc que les Hutus devraient être prêts(??). Le 6 avril 1994, de retour d’Arusha, le président Habyarimana rentra avec son avion personnel, piloté par un équipage français.

Il était accompagné du président burundais (qui avait accepté son invitation). Au moment de l’atterrissage, des missiles sont tirés sur l’avion depuis le camp militaire de Kanombe. L’avion touché, s’écrasa non loin de l’aéroport, en partie sur le terrain de la résidence présidentielle. Il n’y avait aucun survivant. [6]. Ce drame va déclencher un crime contre l’humanité en Afrique : le génocide Rwandais.

3. P. KAGAMÉ DE SA PRISE DU POUVOIR…

C’est à l’âge de 22 ans, en 1979, que M. Paul KAGAMÉ rejoint les maquisards venus de Tanzanie sous la direction du futur président ougandais, Yoweri Museveni, dans un mouvement de résistance au régime d’Idi Amin Dada, qui devint la NRA, National Resistance Army, soutenue politiquement, économiquement et militairement par les États-Unis.

Plusieurs réfugiés rwandais furent aussi partie du noyau de cette rébellion qui renversa ensuite, en 1985, le président Milton Obote, puis en 1986 le président Tito Okello. Après le coup d’État de la NRA en 1986, Yoweri MUSEVENI devient président de la République de l’Ouganda (il l’est encore à ce jour). Et plusieurs de ses compagnons d’armes rwandais deviendront officiers dans l’armée ougandaise.

C’est ainsi que Paul KAGAMÉ est gradé major et obtient un poste important de directeur adjoint des services de renseignement militaire de l’armée ougandaise.
C’est un chef de guerre austère, secret, autodidacte et bon tacticien. Il partage la vie de ses soldats, les mène au combat et fait régner une discipline de fer, n’hésitant pas à éliminer les recrues trop tièdes et les « espions ». Entre temps, il s’est marié avec Jeannette Murefu, issue d’une famille tutsi exilée au Burundi.

Ensemble, ils auront quatre enfants. [7]

Il est à noter que le président Yoweri MUSEVENI, a, en 1962, créé la Charte des Tutsis-comme la Charte du Nord de M. Alassane Dramane OUATTARA en Côte d’Ivoire, en 1991-, c’est-à-dire un territoire regroupant tous les Tustsis(du Burundi, de l’Ouganda et du Rwanda), et qui vont avoir pour territoire une partie du Burundi, du Rwanda, de l’Ouganda et de la RDC.

Après son mariage, KAGAMÉ est envoyé, en juin 1990, aux États-Unis pour un stage de commandement militaire (Command Staff) à Fort Leavenworth au Kansas[7].
Et donc c’est avec un grade de commandant dans le Front patriotique rwandais (FPR), dans la rébellion armée que ce groupe remporta la guerre civile rwandaise et met fin au « génocide des Tutsi en 1994 » .

Au départ, Paul KAGAMÉ est vice-président et ministre de la Défense, sous la présidence de Pasteur BIZIMUNGU. Ensuite, après la démission forcée du Pasteur BIZIMUNGU le 23 mars 2000 , Paul KAGAMÉ lui succède le lendemain comme président par intérim en tant que vice-président, avant d’être élu président de la République par le Parlement, le 17 avril suivant. Il prête serment le 22 avril 2000.

Et, depuis cette date, M. Paul KAGAMÉ est cette président du Rwanda. Il est à son quatrième mandat (il fu réélu en 2003, 2010 et 2017.)
Un fait est récurent depuis la prise de pouvoir de M. Paul KAGAMÉ, au Rwanda, c’est la violation continuelle des droits de l’homme dans ce pays. On observera que le Conseil de droit de l’homme de l’ONU, « lors de son examen périodique qui s’est tenu au Conseil des droits de l’homme à Genève le 25 janvier 2021, le Rwanda a été sévèrement critiqué quant à l’état des droits humains sur son sol, et surtout le conseil regrette que la majorité des recommandations formulées dans ses précédentes observations n’aient pas été suivies malgré les promesses du gouvernement rwandais.[9]

4…À L’AGRESSION CONTINUE DE LA RDC

Il faut rappeler que C’EST, d’abord, le président de l’Ouganda, Yoweri MUSEVENI, qui déjà, depuis fin novembre 1996 avait attaqué le Zaïre (aujourd’hui République Démocratique du Congo-RDC), en occupant la ville zaïroise de Beni, à 70 kilomètres de la frontière, et cela pour le compte des maquisards zaïrois qui s’en approchaient au même moment par le sud.

Et donc M. Paul KAGAMÉ, en étant vice-président et ministre de la Défense rwandaise , soutiendra une invasion rebelle du Zaïre en 1996. Et cela mena au renversement du président zaïrois Mobutu Sese Seko en 1997.

Il a également soutenu plusieurs groupes rebelles dans la deuxième guerre du Congo, de 1998 à 2003, contre le nouveau gouvernement congolais de Laurent-Désiré KABILA puis de son fils Joseph KABILA . Aujourd’hui, la rébellion M24 est encore soutenue par le même KAGAMÉ, cette fois contre le pouvoir du président Félix TSHISEKDI, élu depuis le 25 janvier 2019.

5. KAGAMÉ ACCEPTE LA DÉPORTATION DE SES FRÈRES AFRICAINS.

Hier (mardi 14 juin 2022), devrait se réaliser ce M. Paul KAGAMÉ et son régime avaient accepté, le 14 avril 2022, à savoir recueillir sur le sol rwandais, les migrants africains sur le sol du Royaume-Uni. Il s’agit d’une déportation des Africains du Royaume-Uni (Angleterre) vers le Rwanda, avec l’accord d’un dirigeant africain en la personne de M. Paul KAGAMÉ.

Et hier, devrait commencer le premier rapatriement des Africains du territoire anglais et au nombre de 31. L’accord passé voulait dire que si vous êtes Angolais, Burkinabé, Camerounai, Ivoirien, Malien, Togolais, etc., et que vous êtes migrants au Royaume-Uni, on vous déporté, contre votre gré, au Rwanda.

Cette pratique est une violation de la Convention de Genève (Loi du 26 juin 1953 M. B. 4 octobre 1953), en son article 31.

Mais pourquoi M. KAGAMÉ a conclu cet accord ?

Premièrement, c’est pour de l’argent. En effet, le Rwanda devrait (ou à reçu) la somme importante de 145 millions d’euros (soit 94 677 320 000 f CFA ou environs 95 milliards de Fcfa).
Comment un pays qui est petit, en terme de superficie (26.340 Km2) avec une population de 12.952.209 habitants, soit 492 personnes par km2, peut-il faire venir des personnes chez elle rien que pour de l’argent ?

Deuxièmement, on sait que, la violation des droits de l’homme, au Rwanda est quotidienne.

Il compte sur le véto des Anglais et des États-Unis pour opprimer son peuple.

Troisièmement, il faut savoir que comme du côté dit « francophone », la France a mis ses hommes liges au pouvoir comme Alassane Dramane OUATTARA, Macky SALL , SASSOU NGUESSO , Faure GNASSIGBÉ , etc, du côté anglo-saxon, il y a également au pouvoir Yoweri MUSEVENI , Al SISSI , Paul KAGAMÉ, etc.

Les prises de position de M. Paul KAGAMÉ contre la France ne s’inscrivent pas dans une posture panafricaine, mais bien d’un laquais anglo-saxon. et agresser la RDC pour spolier ses ressources pour le bénéfice de ses mandants.

CONCLUSION.

Beaucoup d’Africains, soucieux de voir l’Afrique de voir à la tête de nos États des Hommes (femmes et hommes) patriotes et panafricains-denrée rare, n’hésitent pas à acclamer M. Paul KAGAMÉ dans ses prises de position contre par exemple, la France.

Il ne le fait pas en tant que Panafricain, mais parce qu’il un des troisième homme-comme le disait Nicolas Agbohou). Il est au service des anglo-saxons. Il surfe sur cette création des Européens de « race » (Hutu, Tustsi et Twa) pour exploiter et opprimer les Rwandais.

Il saigne la RDC depuis 22 ans qu’il est au pouvoir au Rwanda, en soutenant les rébellions armées qui assassinent et spolient les Congolais de la RDC. Son accord du 14 avril 2022 d’accepter la déportation des Africains au Rwanda est la preuve suffisante que M. Paul KAGAMÉ est un AFRICAIN, ENNEMI DES AFRICAINS.

L’HISTOIRE EST LE TRIBUNAL DES PEUPLES

Fait le 16 juin 2022.

Tapé GROUBERA, Président du Mouvement pour la Renaissance de l’Afrique (moraf).
Auteur du livre CES AFRICAINS ENNEMIS DES AFRICAINS.
Mail :moraf.afrique@gmail.com.

RÉFÉRENCES.

[1]https://information.tv5monde.com/info/le-rwanda-signe-un-accord-avec-londres-pour-accueillir-sur-son-territoire-des-migrants

[2]Danielle HELBIG, Jacqueline MARTIN et Michel MAJOROS, Rwanda : Documents sur le génocide. Éditions Luc PIRE, page 15.

[3] https://www.larousse.fr/encyclopedie/pays/Burundi/110615

[4 ] Danielle HELBIG, Jacqueline MARTIN et Michel MAJOROS, Rwanda : Documents sur le génocide. Éditions Luc PIRE, page 16.

[5] Daniel YAGNYE Tom, AFRIQUE : demi siècle d’indépendances piégées. Cas du Cameroun et de la R-D Congo, L’harmattan, 2009,page 184.

[6]https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Causes_du_g%C3%A9nocide_des_Tutsi_au_Rwanda#:~:text=Les%20causes%20de%20ce%20g%C3%A9nocide,les%20diff%C3%A9rentes%20commissions%20d’enqu%C3%AAtes.
[6] Idem
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/%C3%89v%C3%A9nements_initiaux_du_g%C3%A9nocide_des_Tutsi_au_Rwanda

[7].https://information.tv5monde.com/afrique/paul-kagame-l-ancien-guerillero-devenu-president-5644
[8]https://www.jambonews.net/actualites/20210208-droits-de-lhomme-lonu-epingle-une-fois-de-plus-le-rwanda/#:~:text=Ces%20pays%20recommandent%20au%20Rwanda,handicap)%20%3B%20mettre%20fin%20%C3%A0%20la

[9]https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Paul_Kagame